/news/society
Navigation

Les jeux de mots du Pho King Bon analysés

L’Office de la langue française a visité le nouveau resto

Les jeux de mots du Pho King Bon analysés
Photo Agence QMI, Simon Dessureault

Coup d'oeil sur cet article

Un inspecteur de l’Office québécois de la langue française (OQLF) a visité le restaurant Pho King Bon de Rosemère, afin de voir si les jeux de mots à caractère sexuel et les anglicismes utilisés respectent la loi.

• À lire aussi: Un restaurant aux jeux de mots à caractère sexuel

« On s’en prend à une petite entreprise tenue par des Québécois, alors que chez McDo ils ont des noms anglais », s’est défendu avec vigueur Guillaume Boutin, copropriétaire du Pho King Bon.

  • Écoutez l'entrevue de Guillaume Boutin avec Sophie Durocher à QUB Radio:

M. Boutin a mentionné que la représentante de l’OQLF a pris des photos des menus, une photo de l’affiche du restaurant et demandé des informations sur le nom du restaurant.

« On parle de cocktails qui n’ont rien à voir avec la langue française », a ajouté le restaurateur de 41 ans, alors que le Pho King Bon est un bistro vietnamien qui fait des jeux de mots dans son menu, avec des shooters appelés « PHO’S Grosses Boules » ou son cocktail « Flash Thé Saint ».

« Collecte de données »

Il y a également un shooter qui se nomme « Lichi MWA LKU » (« Liche-moi le cul ») et une soupe tonkinoise baptisée « PhoKit » (« Fuck it »), qui figurent au menu, pour ne nommer que ceux-là.

Chantal Bouchard, porte-parole de l’OQLF, a de son côté mentionné qu’un inspecteur s’est déplacé sur les lieux du Pho King Bon pour faire les vérifications nécessaires. « La première étape en est une de collecte de données », a-t-elle expliqué à l’Agence QMI.

« La Charte de la langue française permet qu’une marque de commerce soit affichée dans une autre langue, a-t-elle ajouté. Afin d’assurer une présence du français, les entreprises doivent afficher, et ce, dans le même champ visuel que la marque de commerce, des termes en français qui donnent des renseignements. »

Plainte

Jean-Paul Perreault, président d’Impératif français, un organisme de défense et de promotion de la langue française, a confirmé avoir déposé une plainte jeudi, à la suite d’une dénonciation d’une personne dont il ne peut dévoiler l’identité.

Il dit que la plainte porte sur l’ensemble du concept du restaurant, dont la dégradation ou l’utilisation peu appropriée de la langue française, ainsi que sur la vulgarité de jeux de mots dans le menu. « Si l’Office dit que c’est conforme à la Charte de la langue française, ça viendra confirmer une autre fois qu’il est urgent et important de modifier la Charte », a affirmé M. Perreault.

Le restaurateur Guillaume Boutin dit aussi avoir reçu beaucoup de mots d’encouragement, alors que l’affaire est médiatisée depuis jeudi.