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Gérer la rentrée et l'anxiété

Children with face mask back at school after covid-19 quarantine and lockdown.
Photo Adobe Stock

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Que celui ou celle qui n’a jamais été anxieux lève la main.

Je n’en vois aucune, parce que nous l’avons tous été à quelques reprises. Traverser la vie sans anxiété ? Mission impossible. 

Cette émotion désagréable ressentie devant un danger, une menace, une situation incontrôlable, représente une forme parfois extrême d’inquiétude. Le retour à l’école peut d’ailleurs générer son lot d’anxiété, peu importe le climat social, ou la situation sanitaire. 

Cette période de l’année est aussi associée à une certaine exaltation : après les vacances estivales, les enfants, bien reposés, veulent retrouver leurs amis, et un cadre familier. Mais ce retour vient avec des questions sur la ou le titulaire de la classe, les devoirs à faire, l’angoisse des exigences des cours d’éducation physique ou des exposés oraux, et la routine quotidienne des lunchs, etc. Des choses en apparence banales, mais stressantes pour les élèves. 

Une rentrée différente 

Personne ne dira le contraire : en 2020, la rentrée scolaire est tout sauf normale. Et de grands bouleversements liés à la COVID-19, nous en avons subi, parfois avec intensité. Cela teinte l’atmosphère du milieu scolaire, un climat particulier ressenti autant par les parents, que par les enseignants et les enfants. 

Pour que le niveau d’anxiété soit tolérable, quelques ingrédients sont essentiels. D’abord, l’importance du contexte propre à chacun. Ce que nous venons de traverser est particulier, mais tous ne l’ont pas vécu de la même façon. Certains enfants ont perdu des proches, vu leurs parents se séparer, ou subi de l’insécurité financière ou alimentaire. Et plusieurs écoliers n’ont pas mis les pieds dans une salle de classe depuis la mi-mars. 

Il est bien normal que plusieurs enfants, et leurs parents, appréhendent ce retour. Seront-ils longtemps privés de leurs amis ? Pourront-ils enfin jouer avec eux dans la cour de récréation ? Auront-ils tout oublié de ce qu’ils ont appris l’an dernier ? À quel rythme se fera le rattrapage des apprentissages au fil des semaines ? Sans compter que la COVID-19 n’a pas disparu du paysage. C’est donc la même rentrée pour tout le monde, mais chacun traîne un bagage différent, ce dont le milieu scolaire doit tenir compte. 

Selon sa lourdeur, ce bagage rendra les enfants plus ou moins vulnérables. Même les enfants en parfaite santé peuvent éprouver des maux de ventre depuis les premiers jours de classe, alors imaginez les élèves handicapés ou souffrant d’un trouble du comportement. Certains feront de l’insomnie ou pourraient être plus agressifs, et il faut reconnaître ces manifestations d’insécurité. D’où l’importance de saluer l’annonce du gouvernement d’allouer, dès la rentrée, des services directs supplémentaires aux élèves qui en ont besoin (orthophonistes, orthopédagogues, psychoéducateurs, ergothérapeutes, psychologues, conseillers en orientation et autres professionnels). En cette période sans précédent, il est impératif de ne laisser tomber aucun enfant.

Protéger leur environnement 

L’anxiété accentue la vulnérabilité des jeunes, et elle est encore plus forte lorsque nourrie, parfois sans même s’en rendre compte, par les adultes, parents comme enseignants.

Un bon moyen de diminuer ce stress est de recourir à des sources d’informations pertinentes, ce qui aura pour effet d’apaiser les craintes, par exemple sur le couvre-visage ou la distanciation physique. C’est aussi le moment d’amorcer des discussions avec les élèves, pour leur donner les meilleurs outils, mais surtout pour leur permettre de verbaliser leurs inquiétudes. De prendre, en quelque sorte, leur pouls affectif au milieu de ce climat parfois toxique. 

À l’école, ce dialogue doit être empreint d’empathie et de bienveillance, deux ingrédients essentiels à sa réussite.Que celui ou celle qui n’a jamais été anxieux lève la main.