/weekend
Navigation

Julien Doré et la pop porno écolo

Coup d'oeil sur cet article

Chouchou dans l’Hexagone depuis son pari relevé à la téléréalité Nouvelle star en 2007, Julien Doré a éclipsé bon nombre de vainqueurs de vitrines du genre par son talent, bien sûr (son titre d’artiste interprète masculin de l’année aux Victoires de la musique de 2015 en témoigne), mais aussi par le plaisir contagieux qui lie ses différents projets (son rôle de chanteur black metal dans la comédie Pop Redemption en est un bel exemple, d’ailleurs). 

Julien Doré  

Photo courtoisie

★★★

Aimée

Pour son cinquième album studio, Julien Doré poursuit dans son sillon pop teinté d’éléments électro (les fans de Love [2013] et & [2016] seront en terrain connu) tout en surprenant avec des textes moins à l’eau de rose et de plus en plus engagés, notamment en ce qui concerne l’écologie.

Pour les fans de la première heure, toutefois, rassurez-vous, le chanteur demeure tout de même facétieux. Sa référence à Jacquie et Michel – des pornographes français... du moins, c’est qu’on me dit ! – sur La fièvre donne le ton, côté dosage.

OUI, MAIS...

En voix, inspiré et bien entouré (citons la présence de Tristan Salvati – qui a autant collaboré avec Cœur de pirate qu’Angèle sur son méga succès Brol – à la production), Doré déstabilise surtout par sa plume (le doublé Barracuda I et Kiki marque tout particulièrement) et par la réalisation plutôt chaleureuse d’Aimée, un petit exploit en soi considérant son genre de prédilection. 

Musicalement, Doré demeure en phase avec le son du moment et comme sa « concurrence » est incroyablement forte (Angèle et Clara Luciani – qui l’accompagne sur L’île au lendemain –, mais aussi Vendredi sur mer, Milk & Bone, Tame Impala, voire les plus récentes offrandes de Beck), Aimée convaincra davantage son public gagné d’avance que les autres mélomanes. À écouter toutefois, c’est du bon. 

Katy Perry  

Photo courtoisie

★★1⁄2

Smile 

La carrière de la chanteuse est fascinante. De ses débuts aussy catchy que nunuches, Perry s’est imposée avec des parutions aux textes de plus en plus frondeurs (Roar [2013], bien sûr, vient en tête) et aux mélodies quand même champ gauche (E.T. [2010], son duo inespéré avec Kanye West, en témoigne). Trois ans après Witness, un LP electro pop correct, sans plus, l’interprète et son entourage y vont d’une sixième œuvre inspirée d’un passage à vide et le dosage, voire le propos, porte parfois à confusion. Bien foutu – pensez pop flirtant avec le dance –, mais en deçà des attentes, malheureusement. 

Maude Audet  

Photo courtoisie

★★★1⁄2

Session de mai 

Chouchou folk locale, Maude Audet fait « bip » sur le radar avec ce maxi de deux pièces. Pour lancer le bal, on a droit à une superbe chanson de son cru – Quatre nuages – qui plaira notamment aux fans de Basia Bulat par la bande. Puis vient une reprise planante du classique Un amour qui ne veut pas mourir de Renée Martel. Bien qu’on salue le risque de s’éloigner de la redite, cette nouvelle version fait un brin désincarnée, en opposition à la candeur de l’originale (du moins, à mon humble avis).  

Comment Debord  

Photo courtoisie

★★★1⁄2

Comment Debord 

Septuor montréalais récemment recruté par Audiogram, Comment Debord détonne de ses congénères avec des musiques rock flirtant avec la soul et le funk sans toutefois singer ou se vautrer dans une quelconque nostalgie. À titre de références, imaginez un étrange croisement entre Damien Robitaille et Mac DeMarco ou encore Les Louanges et le Budos Band, et vous aurez une (très vague) idée de la direction du projet. Côté textes, on demeure très (voire trop) au service des mélodies, disons. À suivre de (très) près par contre.

Coup de coeur   

GREGORY PORTER

Photo courtoisie

★★★★

All Rise

Déjà que j’ai le syndrome de l’imposteur chronique, je sue à grosses gouttes en abordant des genres plus nichés comme le jazz et le classique, par exemple. Compte tenu, toutefois, de l’attrait grand public du fameux chanteur à la casquette, je me permets de vous jaser de son sixième album en carrière où, trois ans après avoir rendu un vibrant hommage à Nat King Cole, Porter revient avec des compositions originales où sa voix rayonne. C’est jazzy, c’est soul, c’est chaleureux et, sans être renversant, ça se prend bien alors que l’été tire à sa fin.