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Legault obsédé par la livraison

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Photo d'archives, Simon Clark Il faut reconnaître que François Legault a livré ses engagements en matière de réduction fiscale en début de mandat. Il espère sûrement redorer son blason de nationalisme économique dans la deuxième moitié.

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Il faut rendre à Legault ce qui lui appartient : en 17 ans de couverture politique, je n’avais encore jamais vu un gouvernement remplir tous ses engagements de réduction du fardeau fiscal.

Il y a eu Jean Charest et sa promesse de baisser les impôts de 5 milliards $ en cinq ans, qui est devenue une maigre baisse unique de 900 000 $. Pauline Marois, elle, avait promis d’éliminer la taxe santé de 200 $ par année pour tous, avant de se raviser et d’en faire profiter seulement les démunis.

Dans le cas de Philippe Couillard, le bris de confiance tenait plutôt à ce qu’il n’avait pas dit ! Sans en avoir soufflé un mot en campagne électorale, il avait assommé les familles en modulant les tarifs de garde selon leurs revenus. Pour certains, le prix à payer passait de 8 $ à plus de 13 $ par jour.

François Legault a claironné durant l’été 2018 que ses promesses de remettre de l’argent dans les poches des familles feraient la différence dans la campagne.

En accéléré

Il avait promis beaucoup, et a tout livré en moins de deux ans.

Coup sur coup, il a ramené un tarif unique de garderie à contribution réduite à 8,35 $, augmenté l’allocation pour le 2e enfant et les suivants de 700 $ en moyenne et uniformisé le taux de taxe scolaire au plus bas, faisant économiser des centaines de dollars annuellement à bien des propriétaires.

Bien sûr, la partie était plus facile, parce qu’il a profité de coffres remplis par le précédent gouvernement. Mais tout a été livré en accéléré.

Avant que la pandémie vide les réserves, on commençait même à spéculer sur de nouvelles réductions du fardeau fiscal que l’équipe caquiste gardait dans sa manche pour la fin du mandat.

Le gouvernement a aussi lancé les chantiers des maternelles 4 ans, des « belles » écoles et des maisons des aînés, comme promis en campagne, non sans exposer la faiblesse de sa préparation.

Ainsi, le coût moyen pour la construction d’une classe de maternelle 4 ans est passé de 120 000 $ avant le scrutin à plus de 800 000 $ une fois en poste.

Coûte que coûte

Et c’est là que Legault pèche par excès. On sent que même quand ça ne passe pas dans le cadre de porte, il pousse en forçant les pentures.

Personne n’aurait crié au scandale s’il avait mis de l’eau dans son vin, surtout dans le contexte de la pandémie qui entraîne déjà son lot de défis pour le monde scolaire et une pression immense sur les finances publiques. Mais il veut livrer coûte que coûte.

Avec le même entêtement, il vise une première pelletée de terre du tunnel entre Québec et Lévis, dont on ignore toujours le coût et les pourtours.

Au chapitre des promesses qui ont le moins de chances d’être réalisées, il y en a peu. Mais trône assurément au sommet celle de réduire à 90 minutes l’attente pour voir un médecin à l’urgence---.

Pour le nationalisme économique dont il se réclame, les succès se font attendre alors que les fleurons sont déboulonnés à la queue leu leu. 

C’est probablement ce qui déçoit le plus jusqu’ici dans ce mandat, et le chef caquiste, enorgueilli de son profil d’entrepreneur, doit en être horripilé. 

Il a aussi lancé, en tentant de justifier une aventure de 30 millions $ dans les dirigeables Flying Whales, que les Québécois « doivent se réconcilier avec le risque ».

Depuis le contexte de pandémie, cette phrase prononcée tout juste avant, en février, sonne encore plus creux.

Les attentes pour la suite ? Assurer la sécurité des Québécois en temps de COVID et stimuler l’économie, oui. Mais je ne crois pas que beaucoup de gens ont envie de voir le gouvernement jouer aux dés avec leur argent. 

En vrac  

Drôles de caucus en temps de COVID

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Capture d'écran, TVA Nouvelles

Avant d’entrer dans la salle de caucus du PLQ pour le traditionnel photo-op, les représentants des médias devaient accepter de faire prendre leur température. Puisqu’ils sont 76, les députés de la CAQ devront, eux, tenir leur caucus éparpillés dans trois salles différentes, jeudi prochain ! 

Une avancée signée CAQ et QS

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Photo d'archives, Simon Clark

Les hygiénistes dentaires ne devront plus être supervisés par un dentiste pour pratiquer des nettoyages dans des CHSLD ou des CLSC. La proposition venait de Gabriel Nadeau-Dubois, et la ministre Danielle McCann a accepté de l’intégrer dans un projet de loi. Bravo pour la collaboration !