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70% de son corps brûlé au 3e degré

La vie d’un homme de 22 ans ne sera plus jamais la même après s’être embrasé en faisant de la soudure

accident travail
Photo courtoisie Cédrick Dufour-Gosselin est dans un coma artificiel à l’hôpital pour ne pas trop souffrir.

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La vie d’un jeune homme de 22 ans a été complètement chamboulée la semaine dernière après qu’il eut pris feu à la suite d’une explosion qui a eu lieu pendant qu’il faisait des travaux de soudure. 

Mécanicien dans un atelier de réparation de camions et de remorques sur le chemin Côte-de-Liesse à Dorval, Cédrick Dufour-Gosselin faisait de la soudure mardi dernier comme il en a l’habitude. 

Toutefois, vers 8 h 45, une explosion a provoqué son embrasement presque instantané. 

« Ses collègues lui ont dit de se rouler par terre pour éteindre les flammes, mais ça ne fonctionnait pas. Après, ils ont essayé de l’éteindre avec leurs vêtements », raconte avec émotion la mère du jeune homme, Marie Gosselin. 

Selon ce qu’a décrit le meilleur ami et collègue de M. Dufour-Gosselin à la mère de ce dernier, il aurait ensuite été capable de se rendre aux toilettes pour s’éponger et tenter d’enlever ses vêtements. 

Il était sous le choc en constatant ses blessures. 

« Il s’est excusé à ses collègues, puis il a dit : “Ma blonde ne m’aimera plus, je ne suis plus beau” », relate Mme Gosselin qui explique que son fils faisait attention à son image et s’arrangeait toujours pour avoir fière allure. 

Il aurait continué à faire part de ses craintes concernant son amoureuse aux paramédics d’Urgences-Santé qui l’ont transporté à l’hôpital. 

Sauvé par son casque 

Voici à quoi ressemblait le casque que M. Dufour-Gosselin portait après l’accident.
Photo courtoisie
Voici à quoi ressemblait le casque que M. Dufour-Gosselin portait après l’accident.

Brûlé à 70 % de son corps au deuxième, mais surtout au troisième degré, seuls la tête, les mains et les pieds de Cédrick Dufour-Gosselin ont été épargnés. 

« Il ne serait pas censé être en vie. C’est son casque qui lui a sauvé la vie », assure Mme Gosselin qui décrit son fils comme un rayon de soleil au grand cœur qui pouvait avoir son petit caractère. 

Depuis son arrivée à l’unité de soins de grands brûlés du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM), celui qui était conscient pendant son transport en ambulance a été plongé dans un coma artificiel. 

M. Dufour-Gosselin en compagnie de sa fiancée Alyson Beaudin.
Photo courtoisie
M. Dufour-Gosselin en compagnie de sa fiancée Alyson Beaudin.

« Les médecins veulent éviter qu’il souffre trop en attendant les greffes de peau », précise la fiancée du jeune homme Alyson Beaudin. 

Avec Son amoureuse

Au chevet de son amoureux avec la mère et la sœur de ce dernier, elle tente de le rassurer.  

« J’ai passé des heures à le rassurer en lui disant qu’il était beau. Que ses belles mains et son beau visage n’avaient pas été touchés. Je lui répète que je l’aime et que je vais continuer à l’aimer. Qu’on va se battre à ses côtés », raconte Mme Beaudin. 

« Il réagissait beaucoup à ma voix. Il bougeait les sourcils. J’ai même senti sa main bouger dans la mienne », poursuit-elle. 

Cette dernière croit même que son fiancé a eu une sorte de pressentiment sur l’accident qui allait se produire. 

« La fin de semaine avant, on a parlé de bébé et je lui ai dit qu’apparemment une femme qui accouche ressent une douleur de 10 sur une échelle de 10. Il m’a répondu : “Oui, mais imagine quelqu’un qui brûle, ça doit être encore pire comme douleur” », se remémore celle qui a encore de la difficulté à y croire. 

Les prochains mois s’annoncent ardus pour le jeune homme sportif et amoureux des voitures. Ses proches espèrent qu’il pourra un jour rejouer au hockey, mais ne savent pas si ce sera possible. 

Selon la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) qui s’est rendue sur le lieu de travail de M. Dufour-Gosselin, les premières constatations n’ont pas permis de déterminer la cause de l’accident.  

Une analyse de la machine avec laquelle il travaillait a toutefois été demandée. 

En 2019, près de 1400 dossiers de blessures reliées à des brûlures ont été ouverts à la CNESST. 

  • Afin de couvrir des frais qui pourraient être liés à la réadaptation, sa famille a lancé une page Gofundme sous le titre Soutien pour Cédrick. Plus de 3300 $ avaient été amassés hier.

Accidents de travail en 2019

  • Reliés aux brûlures: 1393
  • Reliés au feu - explosion

*Source: Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST)