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Des slogans à une vraie stratégie économique

Periode des questions
Photo d'archives, Simon Clark Le premier ministre François Legault, au parlement, à Québec

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François Legault adore les slogans. On l’a vu encore vendredi. François Legault veut « relancer l’économie, sans relancer la pandémie ».

C’est séduisant, rassurant, mais un slogan ne remplace pas un vrai plan de relance cohérent.

Quel nationalisme économique ?

François Legault nous annonçait cette semaine qu’il voudrait remplacer le « Fait en Chine » par « Fabriqué au Québec ».

Or, le Québec compte 8,8 millions d’habitants. L’achat local a ses limites. La demande ici ne suffit pas à soutenir des industries entières.

Doubler la superficie des serres ne fera pas du Québec un leader en agriculture. Et acheter les prochains trains du REM chez Bombardier ne suffira pas à relancer cette industrie ici.

Tout aussi louable soit-il, ce nationalisme économique est avant tout défensif. Il préserve des acquis. Il ne suffira pas à combler l’écart de richesse avec l’Ontario et créer les emplois à 40 $ l’heure que fait miroiter la CAQ.

Pour passer du slogan à la réalité, c’est d’une politique industrielle ciblée dont le Québec a besoin. Une stratégie articulée autour des secteurs dans lesquels le Québec a un avantage comparatif face aux autres économies mondiales.

Or, quelles seront les filières stratégiques sur lesquelles le gouvernement compte miser ? Comment va-t-il les appuyer ? Quels secteurs seront ainsi délaissés ?

La formation de la main-d’œuvre sera-t-elle arrimée à ces nouvelles priorités ? Et l’immigration ?

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

Repenser l’économie

La pandémie est en voie d’accentuer les transformations profondes de l’économie mondiale.

C’est maintenant que le Québec doit se positionner.

Alors que l’ère du libre-échange cède graduellement la voie à une ère de commerce géré, la relance économique doit s’articuler autour de nouvelles bases. Les recettes de 2008-2009 sont peu susceptibles d’avoir le même impact.

Or, les signaux envoyés jusqu’ici par le gouvernement laissent croire qu’il n’a pas l’intention de sortir de ses sentiers battus : accélérer les dépenses en infrastructures comme un pont d’ici une reprise des investissements privés, demander à la Caisse de dépôt de sauver des sièges sociaux québécois, miser sur l’électrification des transports.

Certes, on promet une nouvelle stratégie chez Investissement Québec. Une nouvelle mission, prise de risques pour « faire exploser les investissements privés au Québec ».

Mais où et comment ? Davantage de prises de risques auprès des entrepreneurs en région ne sont pas un gage de compétitivité à l’échelle de la planète.

François Legault n’a jamais caché son ambition pour l’économie québécoise, la pandémie lui offre une opportunité inédite.