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La GRC avait à l’œil les indépendantistes

Les policiers surveillaient la naissance du mouvement

Rene Levesque
Photo d’archives Alors qu’il était à la tête du mouvement souvrainiste, René Lévesque a été espionné par la Gendarmerie royale du Canada comme plusieurs autres indépendentistes.

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En plus de René Lévesque, bien des indépendantistes ont été espionnés par la Gendarmerie royale du Canada puisqu’ils représentaient dans les années 1960 et 1970 la nouvelle menace pour la sécurité et l’unité nationales.

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« Le rôle de la GRC est d’assurer la sécurité nationale. Le FLQ, ce n’était pas anodin. Mais pour les agents, la distinction entre un poseur de bombes et le Parti québécois (PQ) n’était pas bien comprise », fait valoir le professeur de criminologie de l’Université Laval, Stéphane Leman-Langlois. 

Vendredi, Le Journal révélait que le dossier de surveillance monté sur l’ex-chef du PQ René Lévesque par la Gendarmerie royale du Canada (GRC) avait documenté ses mœurs sexuelles.

« Avait-elle l’intention de fournir ces informations à des médias dans le but de lui faire perdre une élection ou de le faire chanter ? » interroge Marcel Martel, professeur d’histoire à l’Université York située à Toronto.

« En 1972, la GRC a volé la liste des membres du PQ. Et Lévesque était une figure de proue du mouvement », rappelle quant à lui Martin Pâquet, professeur d’histoire politique à l’Université Laval.

Après les fascistes et les communistes surveillés de près par la GRC, les « séparatistes » incarnaient donc la « nouvelle menace » pour la paix, l’ordre et l’intégrité canadienne. 

La fondation du Front de libération du Québec (FLQ) en 1963 est ce qui a amené la police fédérale à surveiller les indépendantistes, selon M. Leman-Langlois. 

« Il mène des vols de banque, dévalise des armureries militaires, pose des bombes, détaille-t-il. La GRC a commencé à s’intéresser aux séparatistes qui supportaient le projet politique du FLQ. »

Coups fourrés 

Écoute électronique, vols ou utilisation de faux documents : certains « coups fourrés » de la GRC ont mené à la commission McDonald en 1977.

Malgré tout, les techniques d’espionnage de la GRC n’ont « rien à voir » avec celles utilisées par le premier directeur du FBI, J. Edgar Hoover. 

« Lorsqu’il se présentait dans le bureau d’un politicien, il aimait bien avoir une valise pleine de documents pour le faire chanter. Mais il n’y a pas vraiment cet équivalent au Canada », nuance M. Leman-Langlois. 

Parmi les cibles du grand patron du FBI, on trouvait Martin Luther King, John F. Kennedy et même, Marilyn Monroe.