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Des menaces lourdes de conséquences sur internet

Pas besoin de les mettre à exécution pour être condamné à la prison

conférence de presse François Legault
Ben Pelosse / JdeM

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Les personnes qui ont proféré des menaces de mort à l’endroit de François Legault sur les réseaux sociaux peuvent faire face à de lourdes conséquences allant jusqu’à la prison, même si elles se cachaient derrière un ordinateur.

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«Les gens n’ont pas conscience de ce qu’ils écrivent sur les médias sociaux et de ce que ça peut engendrer comme conséquence par la suite, comme de faire face à la justice», soutient le professeur spécialisé en cyberintimidation à l’Université du Québec à Montréal Stéphane Villeneuve.

Des internautes, visiblement adeptes de théories complotistes, ont publié des propos menaçants à l’égard du premier ministre du Québec, François Legault. C’est à la suite d’une entrevue donnée à la radio FM93 et publiée sur les réseaux sociaux que les messages haineux ont été écrits dans des groupes Facebook.

Après avoir été avisée par plusieurs utilisateurs, la Sûreté du Québec (SQ) a indiqué ouvrir une enquête. 

  • Écoutez la chronique de Félix Séguin avec Richard Martineau à QUB radio:  

Pas une première

Et ce n’est pas la première fois que le premier ministre fait face à cette situation. En juillet, Kevin Goyette, de Gatineau, a été arrêté après avoir proféré le même genre de menaces sur internet à l’endroit des premiers ministres québécois et canadien François Legault et Justin Trudeau, ainsi que du directeur de santé publique, le Dr Horacio Arruda.

Toute personne qui écrit ou profère une menace de mort n’est pas obligée de mettre à exécution cette menace pour faire face à des accusations, selon l’avocat François-David Bernier.

«Une menace de mort n’a pas besoin d’être formulée directement. On peut insinuer qu’on veut causer sa mort ou des lésions. [...] Pas nécessaire de dire qu’on veut le tuer soi-même», précise-t-il.

Par ailleurs, le Code criminel indique que cette infraction est passible d’une peine allant jusqu’à cinq ans d’emprisonnement. Suivant la situation et la gravité, il peut y avoir des accusations par voie sommaire qui vont jusqu’à une peine possible de 18 mois de prison, indique Me Bernier.

  • Écoutez la chronique de la juge à la retraite Nicole Gibeault au micro de Geneviève Pettersen à QUB radio:

Psychologique

Pour le professeur adjoint à l’École de criminologie de l’Université de Montréal Samuel Tanner, ces menaces ne doivent pas être prises à la légère.

«Il y a un élément à ne pas négliger : le contexte de la pandémie, des restrictions de liberté qui sont considérées par certains comme une restriction de droits, explique-t-il. Donc il y a un ensemble de gens mécontents qui, pour certains, débordent».

De son côté, M. Villeneuve rappelle que la cyberintimidation a de graves conséquences pour les personnes qui en sont victimes, principalement psychologiquement. Car la crainte de se faire attaquer par des individus peut entraîner une forte anxiété et des problèmes de sommeil. 

«Le premier ministre est un être humain aussi, donc ces choses-là ne doivent pas le laisser indifférent, malgré qu’il ait une sécurité», ajoute-t-il.

– Avec l’Agence QMI  

  • Pauline Marois avait été victime d’une tentative d’attentat qui avait fait un mort et un blessé le 4 septembre 2012, lors de son élection comme première ministre du Québec.