/news/health
Navigation

La pandémie a éprouvé les recherches contre le cancer

Des chercheurs s’inquiètent de la baisse de financement à cause de la COVID

GEN-RECHERCHE
Photo Agence QMI, Joêl Lemay Le Dr Guy Sauvageau et la Dre Trang Hoang, de l’IRIC, ont décidé de joindre leurs voix à la Researcher Super Team.

Coup d'oeil sur cet article

La pandémie a durement affecté les recherches contre les cancers qui, eux, n’ont pas pris de pause, déplorent des chercheurs québécois qui joignent leurs voix à celles de plusieurs autres au Canada pour crier l’urgence d’agir. 

• À lire aussi: L’explosion des cas de COVID ne vient pas de Montréal

• À lire aussi: Tous les développements de la pandémie de COVID-19

« On est dans une situation d’urgence sanitaire, et c’est très sérieux [...] mais en même temps, le cancer ne s’arrête pas. Il faut continuer à traiter les patients, à faire de la recherche. C’est extrêmement important pour l’avenir », déclare la Dre Trang Hoang, cofondatrice et chercheuse à l’Institut de recherche en immunologie et cancérologie (IRIC) de Montréal.

Elle et le Dr Guy Sauvageau, également chercheur à l’IRIC, ont décidé de se joindre à la Researcher Super Team, une équipe de chercheurs de partout au Canada qui travaille à amasser des fonds pour combattre les cancers du sang. 

D’abord avec le confinement qui a grandement ralenti les recherches, puis avec les mesures sanitaires qui limitent désormais les expériences sur place, les laboratoires ont été durement éprouvés cette année. 

« Ça ne se fait pas à distance. Il faut être sur place, faire des expériences, interpréter les résultats. Ça ne se fait pas tout seul dans sa chambre, ça prend un équipement hyper sophistiqué », dit la chercheuse.

Perte de financement

Or, dans ce domaine où l’argent se fait parfois rare, voilà qu’en plus, la course pour un vaccin est venue dévier le financement. 

« Maintenant que les efforts ont porté des fruits et que des vaccins sont en phase de production, il va falloir réfléchir à nos chercheurs [...] parce qu’on est essentiellement en train de tout perdre », déplore pour sa part le Dr Sauvageau.

Si par les années précédentes, la recherche contre les cancers du sang pouvait compter, pour renflouer les coffres, sur la marche Illumine la nuit, chapeautée par la Société de leucémie et lymphome du Canada (SLLC), elle devra se réinventer cette année pour tenter de survivre à cette crise « sans précédent ». L’an dernier, l’événement national a permis de recueillir plus de 6,6 millions de dollars.

Limiter les dégâts

Ainsi, les chercheurs de la Researcher Super Team travailleront ensemble pour mettre sur pied l’événement virtuel national Illumine la nuit le 24 octobre, pour tenter de limiter les dégâts. 

Les deux experts espèrent que la pandémie aura au moins fait réaliser aux gens l’importance d’injecter des fonds dans la recherche scientifique.

« Là, c’était une maladie qui touchait le système respiratoire, mais il peut en arriver une autre qui va toucher le système nerveux ou augmenter l’incidence de cancers [...] Notre parc de chercheurs est quelque chose de très précieux », conclut-il.  

  • La SLLC estime qu’en 2020, 21 700 Canadiens auront un diagnostic de leucémie, de lymphome ou de myélome, et qu’environ 7585 personnes perdront leur combat contre la maladie.