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L’exil pour retrouver ses repères

Junior Ulysse s’entraîne à Hartford en vue d’un combat à venir cet automne

SPO - YVES JUNIOR ULYSSE BOXER
Photo d'archives, Martin Alarie Yves Ulysse jr est parfaitement conscient de l’importance de ses prochains combats.

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Hartford n’a jamais été reconnue comme une ville bien excitante. Par contre, elle est parfaite pour permettre à un boxeur de relancer sa carrière. C’est le pari que fait présentement Yves Ulysse jr en pleine pandémie de la COVID-19 aux États-Unis.  

En décembre dernier, il s’est incliné contre Ismael Barroso en Californie. Une défaite qui a laissé des traces à plusieurs niveaux. Son promoteur Camille Estephan n’avait pas hésité à le critiquer sur la place publique pour sa performance décevante. 

Pour sa part, Ulysse avait remis en question la stratégie de son entraîneur Rénald Boisvert. Pendant plusieurs semaines, le boxeur québécois a cherché des réponses pour expliquer sa contre-performance. 

« Après ma défaite, il y a eu un froid au sein de mon équipe, a souligné Ulysse au Journal de Montréal. Il était clair dans ma tête que je devais faire des changements.  

« Pour ma part, je n’avais plus la tête à la boxe. J’étais tanné de mon sport. Contre Barroso, en raison des nombreux reports pour diverses raisons, j’étais à plat. Je me posais des questions avant de monter sur le ring. »

Scully à la rescousse

Ulysse (18-2, 9 K.-O.) a alors décidé de changer d’entraîneur principal et il a jeté son dévolu sur l’Américain John Scully. 

Celui-ci est connu dans le monde de la boxe pour avoir dirigé Chad Dawson dans les meilleurs moments de sa carrière. Puis, il donne un coup de main à Marc Ramsay pendant les camps d’Artur Beterbiev. 

Lors du dernier passage de Scully à Montréal, il a travaillé avec Ulysse pendant quelques séances afin de savoir si leur association pourrait fonctionner. 

« C’est formidable de travailler avec lui, a indiqué Ulysse entre deux entraînements quotidiens à Hartford. John est un mordu de boxe et tout le monde le connaît. 

« Je ne voulais pas un coach borné qui n’est pas ouvert à la discussion. C’est la vieille école. Je voulais pouvoir discuter avec lui de façon intelligente. Une autre chose que j’aime de John, c’est qu’il ne crache pas sur les autres entraîneurs et leurs méthodes. »

À 32 ans, Ulysse est bien conscient que ses prochains combats seront déterminants pour sa carrière. Son promoteur Camille Estephan a placé son nom dans un tournoi à quatre boxeurs chez les 140 lb. 

Le tout commencerait lors d’un gala qui aurait lieu soit à la fin d’octobre ou au début de novembre. 

Ça passe ou ça casse

Ulysse est honnête. Il n’a pas sauté de joie à l’annonce de la nouvelle. Toutefois, en raison de la relance qui tarde chez Golden Boy, c’est la meilleure façon pour lui de se garder actif et d’empocher quelques bourses contre des adversaires qu’il connaît bien. 

« L’orgueil ne paye pas les factures, a imagé Ulysse. J’ai décidé de voir cette opportunité comme un amateur. Je sais que les amateurs aimeraient voir un troisième combat entre moi et Claggett. 

« Ils aimeraient aussi voir des chocs entre moi et Germain ou Théroux. La seule chose que je n’aime pas de ce tournoi, c’est le format. Si tu perds un duel, tu as droit à une deuxième chance. À la boxe, c’est particulier.

« Par contre, on peut dire sans se tromper que ça passe ou ça casse pour moi en participant à ce tournoi. » 

Une cible dans le dos

Yves Ulysse fils a pu traverser les douanes américaines en obtenant un visa de travail pour aller faire son camp d’entraînement au Connecticut.

Avec la situation de la pandémie au sud de la frontière, on peut penser que c’était une décision audacieuse. Toutefois, le risque était bien calculé.

Ulysse a décidé d’aller aux États-Unis pour travailler avec son nouvel entraîneur, mais également pour obtenir du sparring de qualité. Dans le gymnase de John Scully, l’accueil a été plutôt froid à l’endroit du Québécois. 

SPO - YVES JUNIOR ULYSSE BOXER
Photo d'archives, Martin Alarie

« J’ai une cible dans le dos ici, a raconté Ulysse. Je suis le petit Canadien. Les autres boxeurs ne me connaissent pas et ils me le font sentir. 

« Ils veulent tous m’arracher la tête lors des sparrings. Je me fais brasser. Je suis une brebis qui est entourée par des loups. Puis, après mes premières séances, je suis parvenu à gagner leur respect.

« Mon objectif n’est pas de changer mon style au complet, mais bien de le raffiner. 

Et avec les contacts de Scully, il est en mesure de mettre les gants dans plusieurs autres gyms de l’est des États-Unis. En fin de semaine dernière, il est allé à Boston. 

« À Hartford, j’ai cinq partenaires qui ont 20 combats et plus en carrière, a-t-il mentionné. À Boston, j’en aurai d’autres qui ont des styles différents. 

« Puis, la semaine prochaine, j’irai dans un gymnase dans le Bronx situé à quelques pas du Yankees Stadium. Je pourrai rencontrer l’ancien boxeur Iran Barkley, qui est un ami de John. Je m’attends à recevoir quelques conseils de sa part. »

Et la COVID-19 ?

Ulysse veut rassurer tout le monde au sujet de la pandémie de COVID-19. 

« Tout va bien et je suis très prudent, a-t-il mentionné. Dans un des gymnases de Hartford, j’ai fait un sparring avec un masque. C’était l’enfer !

« Pour le reste, je respecte les mesures sanitaires lors de mes déplacements. À mon retour au Québec [15 octobre], je ferai ma quarantaine de 14 jours comme prévu avant mon combat qui devrait être le 31 octobre. Et je ferai les tests nécessaires. 

« Pour le moment, je fais des démarches afin que mon entraîneur puisse être dans mon coin pour le combat. Je me croise les doigts. »