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Bonsoir Ron!

Ron Fournier tire sa révérence après 33 ans

Ron Fournier
Photo courtoisie, 98,5 Après 33 ans à commenter l’actualité sportive et à échanger avec les auditeurs, Ron Fournier ferme définitivement son micro.

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Pendant 33 ans, Ron Fournier a meublé les soirées des amateurs de sport, jeunes et moins jeunes. Celles des camionneurs à celles des chauffeurs de taxi, en passant par celles des insomniaques et des adolescents qui l’écoutaient en cachette, une radio cachée sous leur oreiller.

Ce matin, au micro de Paul Arcand, le coloré animateur de radio a annoncé sa retraite. Terminé la voix, les envolées lyriques et les chansons du bon Ron à l’antenne de Bonsoir les sportifs.   

  • Écoutez la chronique sportive de Jean-François Baril, à QUB Radio:   

 « C’est certain que la transition vers la retraite sera plus facile puisqu’il n’y aura bientôt plus de hockey, a indiqué l’ancien arbitre de la LNH lorsque joint par l’auteur de ces lignes. Mais je ne suis pas triste du tout. C’est une décision qui a été réfléchie. »

Évidemment, les ennuis de santé dont il a été victime au cours des deux dernières années et demie ne sont pas étrangers à ce chant du cygne. Cancer de la prostate, pose de deux endoprothèses (stents) pour rouvrir des artères coronariennes bouchées à 70 % et 90 %, puis cancer des ganglions, le légendaire animateur n’a pas été épargné.

  • Écoutez la chronique de Jean-Charles Lajoie avec Benoit Dutrizac à QUB Radio:

Voilà pourquoi il n’espère qu’une chose pour sa nouvelle vie.

« Là, tout ce que je demande, c’est la santé. Avec ça, je peux faire un maudit bon bout, a-t-il lancé. Je ne sais pas ce que l’avenir me réserve. Il me reste peut-être 20 ans (à vivre). Pourquoi je ne vivrais pas de belles aventures, de beaux projets ? »

Du temps en famille

Puisque « Ron, Ron, Ron » est un véritable verbomoteur et un passionné de sports, on peut se demander combien de temps il parviendra à résister à l’envie de reprendre le micro. Ne serait-ce que de façon sporadique. 

Apparemment, ce n’est pas demain la veille. Ron semble prêt une fois pour toutes à passer au prochain appel. Mais on n’est pas obligé de le croire sur parole.

« Ma femme Chantale mérite que je passe du temps avec elle. Je dormais trois, quatre nuits par semaine à Montréal et je revenais passer les week-ends avec elle », a indiqué l’homme de 71 ans. 

« On pensait aller à Copenhague ou Riviera Maya. Mais en raison de la COVID, on peut plus aller nulle part. Alors, on s’est acheté des fat bikes. On fait des randonnées de 40 ou 50 kilomètres », a-t-il poursuivi.

Une institution de la radio

Avec cette annonce, un large pan de l’histoire radiophonique du Québec s’est tourné. Embauché à l’automne de 1987, il a animé sa dernière émission le 13 mai dernier.

Rares sont ceux qui sont en mesure de durer aussi longtemps dans ce milieu où les carrières sont souvent éphémères. Voilà pourquoi Michel Tremblay n’hésite pas à le comparer à plusieurs grands noms de la radio au Québec.

« Ron a toujours été très populaire et a toujours généré de grosses cotes d’écoute. Il est une institution de la radio québécoise au même titre que l’ont été les Jacques Proulx, Pierre Pascau et Serge Bélair », a affirmé Tremblay, directeur des sports au 98,5.

Tremblay parle en connaissance de cause. Impliqué dans le monde de la radio depuis près de 40 ans, il est celui qui, à titre de directeur des sports de CJMS, a eu le flair de l’engager, alors qu’il était fraîchement retiré de son métier d’arbitre.

« C’était à l’époque de la guerre des ondes AM avec CKAC. Il fallait être inventif. J’avais eu l’idée de mettre en ondes une émission de sports de fin de soirée, a raconté Tremblay. J’avais eu Ron au téléphone pendant une quarantaine de minutes. Dès que j’ai eu raccroché, j’ai dit à mon patron que c’était notre homme. J’aimais son ton et sa façon de s’exprimer. Il était dynamique. »

Ron, le capitaine

Il en a coulé de l’eau sous le pont Jacques-Cartier depuis que Ron a animé sa première tribune sportive. Au fil des ans, les collègues se sont succédé, tout comme les jeunes animateurs. Certains n’ont été que de passage, alors que d’autres ont tenu leur bout, profitant des conseils du vieux sage de la station.

« C’était un vrai gars d’équipe, a mentionné Michel Lebel, coordonnateur-
recherchiste au cours des quatre dernières saisons de Ron. C’est un des êtres les plus généreux et humains que je connaisse. Il me fait penser à Jacques Demers. »

« Ron, c’était comme le capitaine du club. Comme un bon vétéran, il venait nous rassurer, nous encourager, nous donner des conseils, a souligné Jérémie Rainville, animateur de la station depuis 14 ans. J’ai été choyé de côtoyer cet homme-là et de grandir avec lui. »

Au cours des dernières années, Rainville est l’un de ceux qui ont pris la relève de Ron, quand ce dernier devait s’absenter. Évidemment, les chaussures pouvaient parfois sembler grandes à chausser.

« C’est une figure emblématique du Québec dans la même catégorie qu’Yvon Deschamps. Un showman, une personne authentique et un incroyable raconteur d’histoires », a indiqué Rainville, qui n’est jamais tombé dans le piège d’essayer de l’imiter.

Ron Fournier sera sans doute le premier, et le seul, à ne pas vouloir le reconnaître, mais au micro de Bonsoir les sportifs, il était plus que juste « pas pire, pas pire, pas pire ».