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Comportements sexuels inappropriés: un courtier immobilier refuse de commenter

Comportements sexuels inappropriés: un courtier immobilier refuse de commenter
MAXIME DELAND/AGENCE QMI

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Le courtier immobilier Francis Vallée a refusé de donner sa version des faits mardi aux journalistes après que huit femmes l’aient accusé publiquement de comportements sexuels inappropriés.

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Flanqué de son avocat, le courtier immobilier Francis Vallée est entré et est ressorti des bureaux du comité de discipline de L'Organisme d'autoréglementation du courtage immobilier du Québec (OACIQ) sans jamais répondre aux questions des journalistes.

Comportements sexuels inappropriés: un courtier immobilier refuse de commenter
MAXIME DELAND/AGENCE QMI

Son permis de courtage en immobilier a été officiellement suspendu mardi au terme d'une audience qui a duré environ deux heures. En attendant cette séance, il avait été suspendu provisoirement, la semaine dernière.

Mardi, les témoignages de huit femmes ont été relatés en détail par la syndique adjointe de l'OACIQ, Julie Pinet.

Francis Vallée n'a plus de lien d'affaire avec la bannière Royal LePage qui a mis fin à ses liens d'affaire avec lui, la semaine passée. Il ne peut plus agir en tant que courtier, tant que l'organisme réglementaire de courtage immobilier n'aura pas statué de façon définitive sur son cas.

La police de Gatineau enquête aussi sur des plaintes de natures sexuelles.

Le témoignage d'une des victimes, qui allègue avoir cédé aux pressions du courtier pour qu'elle fasse l'amour, en présence des enfants dans la maison, a été relaté. Cette même plaignante, qui ne peut être identifiée comme toutes les autres en raison d'un interdit de publication, s'était aussi confiée à l'Agence QMI.

«T'es une belle femme. J'aimerais mieux que ton mari ne soit pas là la prochaine fois», aurait-il texté à une cliente.

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MAXIME DELAND/AGENCE QMI

Le courtier qui aurait exprimé ses pulsions et fantasmes sexuels parfois tordus à plusieurs dizaines de femmes avait, semble-t-il, un penchant pour les femmes qui ont des enfants et qui allaitent.

À d'autres, il aurait exprimé ses désirs d'avoir des relations sexuelles anales en présence de leurs enfants, ce qui est aussi ressorti aujourd'hui lors de l'audience disciplinaire.

À une victime qui s'est confiée à QMI, le courtier lui aurait suggéré «de baiser dans des maisons à vendre», en lui mentionnant qu'il le faisait tout le temps.

Pendant que la syndique adjointe Julie Pinet a raconté avec détails les faits allégués provenant des déclarations des plaignantes, le courtier soigneusement vêtu a continuellement pris des notes en n’affichant aucune émotion.

La vice-présidente à l'encadrement à L'OACIQ, Me Caroline Champagne, a qualifié l'affaire Vallée de cas grave et rare, soulignant que le courtier pourra se défendre en temps et lieu aux allégations sérieuses qui pèsent contre lui.

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MAXIME DELAND/AGENCE QMI

L'intimé et son avocat n'ont pas contesté la suspension émise par le comité de discipline.

Aucune date n'est encore connue pour débattre du fond de l'affaire, mais une conférence de gestion à ce sujet est prévue le 25 septembre.

Paradoxalement, l'intimé était représenté par l'avocat Jean Laflamme, qui a été sanctionné par le Barreau du Québec à la suite de propos déplacé à l'endroit d'une avocate.

«As-tu déjà fait ça à quatre?» a lancé Me Laflamme à une autre avocate dans un ascenseur dans un hôtel de Gatineau en 2012, lors d'un colloque, en mimant un french kiss avec sa langue.

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MAXIME DELAND/AGENCE QMI

L'avocate concernée ne l'avait pas trouvé drôle et avait porté plainte au barreau. Questionné là-dessus mardi matin, Me Laflamme a semblé irrité par les questions de QMI, mais n'a rien nié alléguant que tout ceci était public.