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Le club de Céline dans la mire d’investisseurs

La firme de Mario Messier, Serge Savard et José Théodore s’intéresse au club Le Mirage

Club de Golf le Mirage
Photo Ben Pelosse Le magnifique pavillon du Mirage, à Terrebonne, pourrait changer de mains.

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Depuis des années, le club de golf Le Mirage envoûte des investisseurs. Cette fois, le club de golf de Terrebonne appartenant à Céline Dion est dans la mire du groupe immobilier Messier, Savard et Associés (MSA), a appris Le Journal de Montréal.

Selon nos informations provenant de différentes sources bien au fait du dossier, la firme immobilière québécoise à laquelle sont associés l’ancien directeur général du Canadien Serge Savard et l’ancien gardien José Théodore étudie la possibilité d’acheter le club. 

MSA est présent dans le paysage immobilier depuis plus de 30 ans. Le groupe a géré plus d’une centaine de projets résidentiels, commerciaux et hôteliers dans la région de Montréal de même qu’aux États-Unis. 

Bien qu’il n’y ait aucune pancarte plantée à l’entrée du prestigieux club du chemin Martin, bon nombre d’investisseurs s’y sont intéressés depuis longtemps afin de transformer le paysage golfique en complexe immobilier. Ils ont tous subi le même sort alors qu’il leur était impossible de modifier les règlements de zonage du secteur. Selon l’Inventaire des terres du Canada, cette région offre un bon dynamisme agricole. 

Sans commentaires

Dans le processus de négociations, chacune des parties s’est abstenue de commentaires. 

Du côté de MSA, le président Mario Messier a signalé en entrevue au Journal qu’il ne cesse d’évaluer des projets.

« On se contente de commenter les transactions que nous réalisons », a-t-il laissé savoir en fin de journée, mardi. 

Personnage connu du milieu sportif montréalais, son associé Serge Savard a brandi les ententes de confidentialité dans les projets menés. 

En lisant entre ces lignes, on comprend entre autres que des négociations sont en cours. 

Questionné sur les échecs de vente du Mirage et les restrictions du secteur, M. Savard n’a fermé aucune porte. 

« Tout se vend dans la vie. Mais je ne peux rien dire de plus », a-t-il mentionné depuis son domicile de Hilton Head, en Caroline du Sud. 

Dans le somptueux pavillon du club du Mirage, comptant plus de 550 membres, le directeur général René Noël n’a pas voulu s’avancer sur les informations du Journal

« Rien n’est vendu. Depuis 10 ans, il a toujours des groupes intéressés à acheter la propriété, surtout depuis le décès de René [Angélil] en 2016.

« Mais l’offre doit provenir de gens excessivement sérieux », a ajouté celui qui est en poste depuis bientôt 25 ans. 

Rénovations majeures

En effet, depuis près de 15 ans, Le Mirage s’est refait une beauté à coups de millions de dollars. 

D’abord, en 2008, le club avait complètement réaménagé son bâtiment principal. Le couple Dion-Angélil avait finalement injecté plus de 20 M$ à un projet qui devait coûter 15 M$. 

Et à l’automne 2016, il avait entrepris de grands travaux sur ses deux parcours en plus d’établir un centre de perfectionnement et de moderniser des installations du pavillon. Ce projet s’inscrivant dans le cadre du 25e anniversaire, célébré en 2017, s’élevait à plus de 2 M$. 

Selon des sources du monde du golf, il serait surprenant que le prix potentiel de vente du Mirage, un complexe de 36 trous, s’élève à plus de 20 M$ malgré tous ces investissements. La raison est simple : le club de golf se trouve en pleine zone agricole. Il est bordé au sud et au nord par des zones urbaines. 

Le potentiel acheteur devrait se contenter d’opérer un club de golf à court et moyen terme en espérant être en mesure de modifier, un jour, les règlements de zonage. 

Si la planification du territoire devait être révisée, la propriété gagnerait nettement en valeur. 

Bon nombre de clubs de golf dans la province sont tombés dans les mains de promoteurs immobiliers depuis des années tandis que d’autres ont simplement fermé en raison des règlements en vigueur sur leur territoire. 

Autre cas

En banlieue de Toronto, le réputé club de Glen Abbey est au cœur d’un litige avec la municipalité d’Oakville. Le propriétaire du terrain de 92 hectares, ClubLink, désire le redévelopper en milieu résidentiel et commercial. La valeur du secteur dépasserait les 400 M$.

Le dossier, qui fait couler l’encre depuis plusieurs années, est maintenant devant les tribunaux.