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Toujours dans l’attente de permis

Plusieurs étrangers qui résident au Canada ne peuvent travailler ou même étudier à cause de longs délais

Céline Gauvin
Photo Pierre-Paul Poulin Céline Gauvin et ses deux enfants, Marie-Agnès, 15 ans, et Jimmy, 18 ans, tous originaires de la France, attendent impatiemment de recevoir leurs permis de travail et d’études afin de commencer leur nouvelle vie au Québec en compagnie de Steve Gauvin. Céline et Steve, un Québécois, se sont mariés en septembre dernier.

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Des centaines d’étrangers ayant décidé de venir vivre au Québec ne peuvent toujours pas commencer à travailler ou à étudier, même s’ils se trouvent ici, à cause d’importants retards de traitement des dossiers par Immigration Canada liés à la pandémie.

« Je ne peux pas travailler, je ne peux rien faire. Mon fils ne peut pas étudier. On a envoyé notre dossier en mars et on n’a toujours aucune nouvelle d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada [IRCC], on est dans le flou total », déplore Céline Gauvin, une Française arrivée au Québec il y a un an avec ses deux enfants, Jimmy, 18 ans, et Marie-Agnès, 15 ans.

Après s’être mariée avec un Québécois en septembre dernier, la mère de famille a soumis une demande de parrainage à l’IRCC. Celle-ci permet d’obtenir un visa de résidence permanente pour tous les membres d’une famille étrangère dont un d’eux est citoyen canadien. 

En attendant, ce sont un permis de travail et un permis d’études que Mme Gauvin espère recevoir pour elle et pour son fils. Sa fille, elle, n’a pas encore besoin d’un permis pour étudier étant donné qu’elle a moins de 16 ans.

Mais pour son fils majeur, c’est une autre histoire. Sans permis, il lui est impossible de commencer ses études, même s’il a été accepté au Cégep de Saint-Jean-sur-Richelieu, pour suivre une formation en informatique.

« On a tout essayé. On a proposé à la direction de l’établissement de payer, mais même en payant, ils ne veulent pas qu’il étudie sans son visa. On espère qu’il ne va pas encore devoir attendre un an avant d’étudier », affirme Mme Gauvin, qui réside dans cette même ville de la Montérégie.

Incertitude

Et cette famille n’est pas la seule à être dans cette situation. De nombreux étudiants étrangers attendent aussi depuis plusieurs mois.

C’est notamment le cas de Mallaury Valette, une Française de 24 ans établie à Montréal. Elle attend depuis juillet son permis d’études pour suivre une formation au centre horticole de Laval. Mais jusqu’à aujourd’hui, la jeune femme n’a eu aucune nouvelle et reste avec un visa de visiteur qui l’empêche autant d’étudier que de travailler.

« On est vraiment dans l’incertitude la plus totale, on ne comprend pas pourquoi nos demandes ne sont pas traitées, pourquoi ça n’avance pas alors qu’on est ici, raconte Mme Valette. Tout ce qu’on veut c’est avoir de l’information ! »

Un retour en France serait inimaginable.

« Ici, j’ai mon copain et puis j’envisage de faire ma vie au Québec, donc c’est sûr que je ne veux absolument pas rentrer », ajoute-t-elle.

Pertes économiques

La situation est préoccupante et laisse dans l’incertitude de nombreuses personnes qui sont pourtant un gain financier important pour le Canada, selon le député fédéral et chef adjoint du Nouveau Parti démocratique, Alexandre Boulerice. 

« On a envoyé une lettre au ministre [Marco E. L.] Mendicino en lui disant qu’il ne peut pas écarter du revers de la main des étudiants étrangers en les faisant passer à la fin de la liste de leur priorité, car ce sont des gens importants pour l’économie », explique-t-il. 

Et pour cause, les étudiants étrangers rapportent près de 21 milliards $ par an à l’économie du pays, selon l’IRCC.

De son côté, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada indique par courriel que « la COVID-19 a eu un impact important sur les capacités de traitement. Par conséquent, nous ne pouvons pas fournir des délais de traitement précis pour le moment ».

« Entre deux chaises »

À cause de cela, beaucoup de personnes se retrouvent « entre deux chaises » et sont dans l’obligation d’attendre une réponse de la part du gouvernement, déplore M. Boulerice.

« Si les gens n’ont pas de permis de travail ou d’études, ils n’ont pas non plus accès à la Prestation canadienne d’urgence et se retrouvent avec rien, en attendant la délivrance de leur permis », ajoute-t-il

D’après lui, cette situation pourrait entacher la réputation du Canada et rebuter de futurs immigrants.

PERMIS D’ÉTUDES EN BREF 

Il permet à un citoyen étranger de venir poursuivre ses études en sol canadien. Cependant, il faut respecter de nombreuses exigences pour rester légalement au pays, par exemple :

  • Respecter les dates d’entrée et de départ du territoire indiquées sur le permis.
  • Faire ses études dans l’établissement et le programme choisis. Changer de programme d’études signifie faire une nouvelle demande de permis.

QU’EST-CE QU’UN STATUT IMPLICITE ? 

Beaucoup d’étrangers qui vivent au Canada se retrouvent actuellement avec un visa « implicite », c’est-à-dire qu’ils ont le statut de résident temporaire présumé aux yeux de la loi. Ce statut implicite existe jusqu’à ce que le gouvernement prenne une décision à l’égard de leur demande de nouveau permis.

Source : Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada

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