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Traverser la tempête

Legault Arruda McCann
Photo Simon Clark La confiance élevée envers le premier ministre pourrait lui servir de levier pour faire mieux accepter d’éventuelles nouvelles mesures plus contraignantes.

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Malgré que le Québec soit l’épicentre canadien de la Covid-19, le gouvernement de François Legault n’en perd pas une plume.  

Selon un sondage Léger-Le Journal publié dimanche, 76 % des répondants se disent satisfaits de sa gestion de la pandémie. De fait, quoi qu’il arrive, c’est la confiance même envers le premier ministre qui ne se dément pas. 

À mi-mandat et face à une deuxième vague du virus capable de déferler au-delà de Montréal, c’est une denrée précieuse, mais non moins fragile.

Les prochains mois diront si M. Legault réussira ou non à s’en servir pour mieux ralentir la propagation du virus, alimentée entre autres facteurs par des « récalcitrants » entêtés.

Je parle de ceux qui, par ignorance ou égoïsme, refusent de suivre les consignes sanitaires là où l’État ne les oblige pas à le faire. Si M. Legault échoue à les convaincre – et c’est fort possible –, il doit alors sévir. 

Non pas en les inondant d’amendes, dont la faiblesse est de punir une fois que le mal est fait. Plutôt par des reconfinements ciblés, l’imposition du masque en classe, la fermeture des bars ou d’autres mesures coercitives selon les chemins qu’emprunte la Covid-19. 

Denrée précieuse

Inquiet, François Legault sait sûrement qu’il devra agir avec clarté et cohérence. Pour la santé des Québécois et de l’économie, les enjeux sont trop élevés pour ne pas le faire. 

Avec le déconfinement, la rentrée scolaire et l’hiver s’approchant avec ces nombreux lieux clos mal ventilés où la Covid-19 pourra circuler par aérosols, la Covid-19 pourrait faire beaucoup de dommages encore. 

Sur le plan politique, c’est précisément là que la confiance envers le premier ministre pourrait lui servir de levier pour faire mieux accepter d’éventuelles nouvelles mesures plus contraignantes.  

En politique, la confiance est un outil puissant d’action collective. L’important pour celui qui en est l’objet est de s’en servir pour le bien commun. 

Déterminés et déterminants

Pour M. Legault, cela veut dire ceci. Malgré même la fatigue ambiante et le relâchement responsable en partie de nouvelles flambées de cas du virus, la confiance dont il jouit lui permettrait d’être plus proactif encore.

Les partis d’opposition, tous aussi inquiets que lui d’une deuxième vague trop forte, s’y rallieraient. Tous savent que l’heure est aux gestes déterminés et déterminants. 

Il faut donc agir en amont. Punir après coup les petits « nombrils » égoïstes de ceux qui se refusent à suivre les consignes – pour reprendre l’expression juste de Boucar Diouf –, ce n’est pas de la prévention.

Tout comme d’interpeller de jeunes adultes de la même eau ne constitue pas une « attaque » contre eux. C’est un appel urgent à leur responsabilisation envers les autres membres plus fragiles de la société. 

Sans quoi, face à un virus aussi contagieux, capable de tuer ou de laisser de graves séquelles, combien d’entre ces jeunes souvent asymptomatiques, comme des bombes à retardement, seront des vecteurs de contagion ?

Nous sommes pourtant tous dans le même bateau. En pleine tempête, tentons au moins de ramer ensemble dans la même direction.