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Bush, Cheney: les interdire de séjour au Canada

George W. Bush en 2004
Photo d'archives, Agence QMI George W. Bush en 2004

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Amnistie internationale Canada vient de publier un rapport sur le Programme fédéral sur les crimes contre l'humanité et les crimes de guerre, préparé par la Chaire de recherche du Canada en droits de la personne et environnement de McGill.

Amnistie Canada déplore que, le plus souvent, le Canada se lave les mains de sa responsabilité, ne prenant aucune mesure pour poursuivre les présumés criminels de guerre ou choisissant de les expulser sans aucune garantie qu'ils feront l'objet d'une enquête pour leurs méfaits.

C’est en 2000 que le fédéral a inscrit dans la loi fédérale la compétence universelle en matière de crimes de guerre, les considérant comme des actes criminels au Canada, même lorsque commis à l'étranger.

Pourtant, Ottawa accorde un traitement de faveur aux criminels de guerre américains. Ottawa tolère depuis des années que l’ancien président George W. Bush et l’ancien vice-président Dick Cheney viennent prononcer des discours à Vancouver et à Montréal sans être inquiétés. Saluons en passant des étudiants de Toronto qui ont contraint le Tyndale University College and Seminary à annuler un discours que George W. Bush devait y prononcer, en 2011.

Bush et Cheney ont évité de se rendre dans tout autre pays que le Canada, de crainte de devoir faire face à la justice internationale, comme Augusto Pinochet, arrêté lors d’un voyage à Londres à la demande de l’Espagne. Cette menace est bien réelle. En février 2011, Bush a annulé un voyage en Suisse, où des victimes de supplices qu’il avait ordonnés comptaient porter plainte contre lui.

Des documents diffusés par WikiLeaks révèlent les pressions exercées par l’administration Obama sur les autorités espagnoles pour qu’elles abandonnent leur enquête sur Bush, Cheney, Rumsfeld et la torture.

Je le rappelle, Bush, dans ses mémoires, a avoué avoir donné l’ordre d’utiliser le supplice de la noyade simulée contre des prisonniers, affirmant que c’était une simple «technique d’interrogatoire renforcée».

Non. Bush, Cheney et Rumsfeld ne seront jamais soumis au supplice de la noyade simulée pour leurs crimes: les chances que justice soit faite, dans ce cas, sont nulles. Mais au moins, pour le reste de leur vie, ils vont être harcelés, comme l’a été l’ancien dictateur chilien Augusto Pinochet.  

La règle générale, concernant les criminels de guerre, est simple: seuls ceux qui proviennent d’États faibles ou d’États perdants sont poursuivis. Ceux qui sont issus d’États gagnants, d’États puissants, donneront plutôt leur nom à des rues et à des aéroports.

Dans la loi de la jungle, dans la loi de la rue et en droit international, c’est la règle du plus fort et du plus puissant qui s’applique. Might is right. Être la première puissance militaire de la planète ou un proche allié de celle-ci garantit à vos soldats, à vos généraux et à vos politiciens l’immunité pour des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.

Ottawa est signataire de toutes les conventions internationales sur la torture, les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité. Le gouvernement Trudeau devrait assumer ses obligations en vertu de la charte des Nations unies. George W. Bush et ses principaux lieutenants ne seront jamais arrêtés et mis en procès s’ils remettent les pieds au Canada. Mais le territoire canadien devrait, au moins, leur être interdit.