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Retour au tribunal de l’ex-maire déchu de Terrebonne

Le procès se poursuit près d’un an après l’audition des derniers témoins

GEN -PROCÈS EX-MAIRE DE TERREBONNE
Photo Martin Alarie L’ex-maire et l’ex-directeur général de Terrebonne, Jean-Marc Robitaille et Luc Papillon lors d’une pause pendant l’audience de leur procès pour corruption et abus de confiance à l’extérieur du palais de justice de Saint-Jérôme hier après-midi.

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Le procès de l’ancien maire de Terrebonne Jean-Marc Robitaille, accusé de corruption et d’abus de confiance, a recommencé hier au palais de justice de Saint-Jérôme après une longue interruption due notamment à la pandémie de COVID-19.

L’ancien maire déchu est soupçonné d’avoir aidé ses amis à obtenir des contrats publics à Terrebonne en échange d’importants pots-de-vin. 

Robitaille, son ex-chef de cabinet Daniel Bélec, l’ex-directeur général de la Ville Luc Papillon et l’entrepreneur Normand Trudel sont accusés dans ce dossier.

 

Leur procès s’est ouvert en octobre 2019, soit un an et demi après leur arrestation par l’Unité permanente anticorruption (UPAC).

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L’an dernier, un témoin, le promoteur immobilier Jean-Guy Ouellette, a déjà raconté lors du procès avoir dû verser 60 000 $ en argent comptant afin d’obtenir le feu vert du conseil municipal de Terrebonne pour un projet domiciliaire.

Un voyage toutes dépenses payées en compagnie d’entrepreneurs dans une pourvoirie considérée comme un véritable paradis des pêcheurs dans le nord du Québec a aussi été offert à Robitaille et Bélec en 2003, a-t-on appris cet automne d’un autre témoin, Marc Bouchard.

Le procès devait se poursuivre le printemps dernier, mais la pandémie a entraîné le report de témoignages.

Témoin indirect

Hier, un des avocats de Jean-Marc Robitaille a tenté de convaincre la juge de la Cour du Québec Nancy McKenna d’exclure certaines parties du témoignage à venir de l’entrepreneur de Terrebonne François Barnabé, arguant qu’il s’agissait de « ouï-dire » et même parfois de « triple ouï-dire ». Il a été question entre autres d’un voyage à Punta Cana, en République dominicaine.

« Une preuve directe serait préférable », a soutenu l’avocat de Robitaille.

Ce dernier aurait souhaité qu’on fasse entendre l’ex-conseiller municipal Michel Morin, ce à quoi le procureur de la Couronne, Me Martin Duquette, a fait objection pour le moment.

Il a notamment indiqué que l’ancien fonctionnaire poursuit la Ville de Terrebonne pour son congédiement.

« Nous considérons que la preuve [du témoin Barnabé] peut être admise à ce stade-ci », a-t-il dit.


Le procès de Robitaille doit reprendre jeudi et vendredi, puis à partir du 28 septembre.

CHRONOLOGIE DU DOSSIER  

2012 : Premières analyses de l’UPAC des contrats publics à Terrebonne 

2014 : Début de l’enquête Médiator de l’UPAC sur la corruption à Terrebonne 

15 mars 2018 : Arrestation de Jean-Marc Robitaille par l’UPAC avec quatre autres personnes 

7 octobre 2019 : Ouverture du procès pour corruption à Saint-Jérôme 

Mars 2020 : Suspension du procès 

Septembre 2020 : Reprise des audiences