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Amazon: que du «cheap labour» à Lachine?

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À peine arrivée à Lachine, Amazon ne semble pas vouloir respecter l’esprit de la Loi sur les normes du travail, si l’on se fie à des experts du droit du travail. 

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Amazon recherche en ce moment des associés à 16 $ l’heure à son centre d’expédition de Lachine. Dans son offre d’emploi, elle écrit que « les associés doivent être ouverts à l’idée de faire des heures supplémentaires volontaires et obligatoires », ce qui fait tiquer les spécialistes consultés par Le Journal.

« Un employeur ne peut pas d’entrée de jeu dire : “Le temps supplémentaire est obligatoire et vous allez en faire”. Ça, c’est excessif au sens de la Loi sur les normes du travail », a analysé le professeur titulaire en relations de travail de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), Jean-Claude Bernatchez. 

Obligations illégales

Selon lui, un travailleur peut refuser de faire toute heure supplémentaire pour s’occuper de son conjoint, de son enfant, de ses parents, de ses frères et sœurs ainsi que des frères et sœurs de son conjoint, de ses grands-parents et des grands-parents de son conjoint. 

« On ne peut pas forcer ses travailleurs à faire des heures supplémentaires obligatoires plus de deux heures par jour à moins de force majeure », a renchéri Bernard Cliche, avocat émérite en relations de travail et santé-sécurité. 

En plus d’ouvrir grand la porte aux heures supplémentaires obligatoires, Amazon exige que ses employés puissent soulever des charges de 49 livres, rester debout pendant 12 heures et endurer des températures pouvant dépasser les 32 degrés Celsius.   

« On est rendu à fournir du cheap labour pour Amazon au Québec. Ça n’a aucun bon sens », a déploré Vincent Marissal, député de Québec solidaire (QS), porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière d’économie. 

Amazon est déjà allée jusqu’à mettre des puces chez ses employés pour surveiller leurs mouvements, ce qui est préoccupant, selon lui. 

« Ils vont presser le citron pour avoir le jus et vont presser le noyau ensuite pour être bien certains qu’il n’y a pas de jus dedans », a conclu le député de Rosemont.

Amazon n’a pas répondu favorablement à nos demandes d’entrevues.