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«Dis son nom»: il poursuit pour avoir l’identité des administrateurs

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Un Montréalais mécontent de s’être retrouvé sur la fameuse liste de noms de gens qui auraient commis des inconduites sexuelles vient de saisir les tribunaux, afin d’obtenir l’identité des personnes derrière la page Facebook Dis son nom, et leur réclamer 50 000 $.

« Dis son nom et les personnes qui gèrent ces pages n’ont aucun droit à rester cachées dans l’anonymat, considérant que la liste qui est publiée identifie clairement de nombreuses personnes », affirme Jean-François Marquis dans la demande rendue publique jeudi, au palais de justice de Montréal. 

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Au début de l’été et à la suite d’une dénonciation publique de la chanteuse Safia Nolin contre Marie-Pier Morin, une nouvelle vague de dénonciations publiques a vu le jour au Québec. Plusieurs groupes ont été créés sur les réseaux sociaux, encourageant les personnes victimes d’inconduite sexuelle à dénoncer anonymement leur agresseur présumé, en le nommant.

Diffamation

C’est ainsi que la page Dis son nom a été créée en juillet dernier. On y retrouve une « liste des abuseurs présumés » avec le nom d’individus œuvrant entre autres dans l’industrie du tatouage et le domaine artistique.

  • Écoutez la chronique de Geneviève Pettersen avec Benoit Dutrizac à QUB Radio:

« Les gestes peuvent varier de comportements déplacés (regards, propos, “blagues”) à une violente agression sexuelle », peut-on lire dans la poursuite civile menée par l’avocat Pierre-Hugues Miller.

Or, M. Marquis dit avoir vu son nom se retrouver sur la liste, sans détails sur ce qui lui est reproché. Pour lui, cette situation est intolérable et porte gravement atteinte à sa réputation.

« Il n’y a aucune mention de la raison de l’inclusion du demandeur dans cette liste, indique-t-il dans la poursuite en plaidant la diffamation. Il n’a jamais fait l’objet d’aucune condamnation de voies de fait ou d’agression sexuelle. »

50 000 $

Comme l’identité des personnes derrière la page Facebook est secrète, M. Marquis dit ne pas pouvoir faire valoir ses droits en les poursuivant au civil. Il a donc intenté une procédure judiciaire contre Facebook, afin de forcer cette superpuissance numérique à lui dire qui se cache derrière la liste.

« M. Marquis est en droit de faire cesser l’atteinte à sa réputation », est-il indiqué dans le document de cour.

Il entend aussi demander que les administrateurs de la page Facebook lui versent 50 000 $ à titre de dommages moraux et punitifs « pour atteinte à ses droits protégés par la Charte des libertés et de la personne, et ses droits fondamentaux ».

Il demandera également que son nom soit retiré de la liste.