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La stratégie de dépistage du Canada manque d’efficacité

Tous les élèves devraient être testés, selon une étude

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Le Canada devrait envisager de tester de manière universelle certaines populations plus à risque de contracter et de propager la COVID-19, notamment tous les élèves du primaire et du secondaire et leurs enseignants, ce qui coûterait 1,3 milliard $, selon une étude montréalaise.

L’étude, menée à l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill, suggère que la stratégie de dépistage actuelle du gouvernement canadien manque d’efficacité parce qu’elle place la responsabilité d’aller se faire tester essentiellement sur les individus.

Les personnes à risque ne sont pas susceptibles d’aller se faire tester à moins de développer des symptômes, soulèvent-ils, alors que certains modèles évaluent que les individus avec peu ou pas de symptômes, ou sur le point d’en développer, sont responsables de plus de 50 % de la transmission communautaire.

Les scientifiques québécois ont identifié cinq groupes où la prévalence du virus est plus importante et dont tous les membres devraient, à leur avis, subir un test de dépistage.

En plus des contacts des personnes positives, ils nomment le personnel hospitalier qui donne des soins aigus et les travailleurs de la santé communautaire ainsi que les employés et les résidents d’établissements de soins de longue durée.

Notablement, l’étude, parue mercredi dans le Journal de l’Association médicale canadienne, suggère également de tester tous les élèves et les employés des écoles primaires et secondaires, de même que les employés d’entreprises essentielles ayant des contacts importants entre eux ou avec le public.

Une seule ronde d’une campagne de dépistage massive comme celle-ci coûterait 1,3 milliard de dollars et permettrait d’isoler de nombreuses personnes contagieuses sans le savoir, peut-on lire. On pourrait ensuite envisager de la répéter périodiquement.

« Raisonnable »

Cette somme paraît « raisonnable » aux yeux des chercheurs, car elle ne représente qu’une « petite fraction » des 169,2 milliards $ dépensés par le gouvernement fédéral depuis le début de la crise, en date de juin, pour endiguer la pandémie.

Le dépistage « actif » des groupes à risque représenterait une option plus abordable par rapport aux conséquences économiques et sociales que pourrait amener une deuxième vague d’infections, font-ils valoir.

Pour réaliser ce dépistage massif, l’étude suggère notamment de faire appel à des étudiants en médecine, de s’associer à des laboratoires universitaires et privés, et d’utiliser des prélèvements de salive plutôt que des prélèvements naso-pharyngés, plus faciles à administrer et moins coûteux.