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Le laxisme des autorités dénoncé

Un organisme demande de meilleurs suivis pour éviter d’autres drames comme celui qui s’est joué à Brossard

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Photo d’archives Huiping Ding a été tuée lundi à Brossard par un chauffard.

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Le drame de lundi à Brossard, commis par un individu déclaré non dangereux par les autorités, aurait possiblement pu être évité s’il existait de meilleurs suivis croit une association de défense des familles de victimes.

« Est-ce qu’il y a du laxisme pour protéger la société ? Oui. Est-ce qu’on protège davantage les droits des personnes dangereuses au détriment de ceux des victimes ? Oui. [...] Il faut que les personnes récidivistes dangereuses soient plus suivies », s’insurge Nancy Roy, directrice générale de l’Association des familles de personnes assassinées ou disparues (AFPAD).

Celle-ci s’est dite choquée en apprenant que le chauffard accusé d’avoir volontairement tué une piétonne et blessé gravement un cycliste dans un délit de fuite à Brossard n’avait plus de conditions à respecter. 

Radoslav Guentchev, 30 ans, ne représentait pas « un risque important pour la sécurité du public », selon ce qu’avait statué en février 2019 la Commission d’examen des troubles mentaux. 

Pourtant, il avait fait l’objet à deux reprises de verdicts de non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux et possédait des antécédents judiciaires de menace de causer la mort ou des lésions corporelles, de voies de fait et de voies de fait armées. 

Rappelons que le trentenaire souffre de divers troubles mentaux et qu’il présente une déficience intellectuelle légère.

Faille dans le système

« C’est un non-sens à mon avis. Ces gens-là sont redevables à leurs victimes, mais aussi aux futures victimes qu’ils pourraient faire, affirme Mme Roy. Ça prouve qu’il y a une faille dans le système. Il y a quelque chose qu’on a sous-estimé. »

Lundi soir, Guentchev aurait happé de manière délibérée un cycliste, le blessant grièvement, puis une piétonne. Celle-ci a succombé à ses blessures. 

Contactée par Le Journal, la famille de la victime décédée a été brève dans ses commentaires.

« On veut juste que la police fasse la bonne chose pour que le conducteur ne puisse plus blesser d’autres gens. Ce n’est vraiment pas une situation normale ce qui est arrivé, mais nous voulons juste faire notre deuil », a laissé tomber une membre de la famille de Huiping Ding, sous le choc.

La femme de 45 ans d’origine chinoise avait immigré au Québec en 2018. Elle avait ouvert un salon de coiffure à Brossard. Sur les réseaux sociaux, elle affichait avec fierté avoir pris part au Marathon de Montréal.

« Je pense que sa vie était simple, mais elle aimait ce qu’elle faisait, a témoigné au réseau CBC le fils de la victime, Aaron Xu. Elle aimait la vie. [...] Et elle aimait vraiment le Canada. »

Selon le Service de police de l’agglomération de Longueuil, Guentchev « pourrait avoir été en état de crise lors des événements ». L’alcool et la drogue ne seraient pas en cause.

Huiping Ding avait immigré de la Chine au Canada en 2018, pour ouvrir un salon de coiffure à Brossard. On la voit devant l’établissement après avoir pris part au Marathon de Montréal.
Photo tirée de Facebook
Huiping Ding avait immigré de la Chine au Canada en 2018, pour ouvrir un salon de coiffure à Brossard. On la voit devant l’établissement après avoir pris part au Marathon de Montréal.

Mesures pour récidivistes

« Est-ce qu’on doit attendre que la personne récidive pour intervenir ? On ne pourrait pas avoir de mesures plus coercitives, surtout pour les individus récidivistes ? » se questionne Nancy Roy, soulignant que ce n’était pas la première qu’une telle situation survenait au Québec.

Sans savoir si c’était réellement le cas pour le drame de Brossard, elle estime que les individus dangereux présentant des problèmes de santé mentale, comme dans le cas de Guentchev, devraient avoir des comptes à rendre concernant la prise de médication. 

« S’ils décident d’arrêter leur médication, est-ce qu’on devrait le savoir immédiatement ou juste quand il a fait une nouvelle victime ? » souligne Mme Roy, implorant les gouvernements à se pencher sur la situation.

Selon la dernière décision de la Commission d’examen des troubles mentaux, le trentenaire offrait « une bonne collaboration à son plan de traitement ».

Guentchev est accusé de meurtre non prémédité, de voies de fait graves mettant la vie en danger, d’omettre de s’être arrêté après un accident causant la mort et des lésions corporelles et de conduite dangereuse.


Radoslav Guentchev doit revenir au palais de justice de Longueuil vendredi.