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Une claque au visage des karaokés

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La fermeture annoncée des karaokés est une « claque dans le visage » des propriétaires de bars chantants qui ne voient pas comment ils pourront s’en sortir, eux qui ont pourtant fait des pieds et des mains pour s’assurer de poursuivre leurs activités en bonne et due forme.

« Franchement, ça me fâche vraiment beaucoup. Depuis la réouverture, on a tout fait [...]. On a investi beaucoup d’argent. C’est fâchant de voir qu’à cause d’une place à Québec, plus de 600 établissements devront fermer », déplore Danny Jobin, propriétaire du bar Le Date à Montréal. 

« Capuches » individuelles sur les micros évidemment désinfectés entre chaque chanson, plexiglas de protection entre le chanteur et le public, plusieurs mètres entre les tables et la scène : les bars chantants sont déçus d’être pénalisés en groupe, malgré tous leurs efforts pour contrôler la clientèle. 

Cas par cas, s’il vous plaît !

« Le karaoké, c’est 98 % de mon business. Pas de karaoké, pas de clients, pas d’employés. Ça va être dur de faire déplacer les gens pour venir prendre un cocktail au bar Le Date sans venir chanter. Je ne vois pas mon entreprise se rendre très loin, poursuit-il. Généraliser, ça va tuer beaucoup d’entreprises. »

Le tenancier s’est dit très fâché de voir qu’une quarantaine de ses employés perdront leur boulot, ou du moins de nombreuses heures, car il ne sera pas en mesure de conserver les mêmes horaires. 

Dans tous les bars de karaoké visités par Le Journal jeudi à Montréal, le même refrain résonnait. 

« Tout se passe très bien ici alors on est très déçu. C’est une claque au visage pour avoir bien fait les choses. On ne sait pas comment on va faire pour poursuivre. On est très découragés, souligne Michel Dorion, copropriétaire du bar Le Cocktail. Ils devraient repenser leur décision et faire du cas par cas, pas punir tout le monde. »

« C’est nos emplois qui sont en jeu [...]. C’est vraiment plate. On essaie de survivre et c’est encore des bâtons dans les roues », se désole pour sa part Valérie Gagné, barmaid Au Vieux St-Hubert.