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Des Américains sans quarantaine sur le chantier de l'échangeur Turcot

La FTQ-Construction a récemment porté plainte auprès de la CNESST à ce sujet

Simon Lévesque, conseiller à la santé et sécurité de la FTQ-Cons
Photo Francis Halin Le conseiller à la santé et sécurité de la FTQ-Construction, Simon Lévesque, saisit mal pourquoi les travailleurs américains qui circulent sur le chantier de l’échangeur Turcot ne sont pas soumis à une quarantaine comme les autres citoyens des États-Unis.

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Alors qu’explosent les craintes d’une deuxième vague de COVID-19 au Québec, des travailleurs américains viennent sur le chantier de l’échangeur Turcot sans faire de quarantaine, a appris Le Journal.

« On craint pour notre sécurité. On n’arrête pas de véhiculer que les États-Unis sont le pire foyer du monde, la zone chaude, et ces Américains-là viennent ici sans se mettre en quarantaine », a dénoncé Simon Lévesque, conseiller à la santé et sécurité de la FTQ-Construction.

À Montréal, le projet de construction de près de 4 milliards $ du nouvel échangeur Turcot de 145 kilomètres de voies destinées à accueillir 300 000 véhicules par jour du consortium KPH-Turcot va bon train. 

  • À ce sujet, écoutez Félix Séguin, journaliste au Bureau d’enquête de Québecor, à QUB radio:

Mais la visite de travailleurs américains ces derniers jours pour corriger des défauts de peinture choque les travailleurs québécois, qui sont irrités de les voir circuler comme si de rien n’était sans qu’ils aient fait de quarantaine.

Questionné à ce sujet ces derniers jours, Kiewit, du consortium KPH-Turcot a renvoyé la balle au ministère des Transports du Québec (MTQ), qui a confirmé au Journal que trois travailleurs américains sont venus sur le chantier montréalais sans avoir fait de quarantaine.

«Certaines personnes, à condition qu’elles ne présentent aucun symptôme de la COVID-19, peuvent être exemptées de l’obligation de se mettre en quarantaine lorsqu’elles entrent au Canada dans le but d’y exercer un emploi essentiel ou une fonction précise. Cela est notamment le cas pour ces trois travailleurs américains», a indiqué le porte-parole du MTQ, Martin Girard.

Du même souffle, il a précisé que c’est le gouvernement fédéral, qui est chargé d’encadrer les exigences entourant les personnes entrant au pays et que les mesures sanitaires sont respectées sur le chantier.

«C’est dangereux»

Mais à la FTQ-Construction, la pilule ne passe pas. 

Le syndicat vient de porter plainte à la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) afin que cette dernière fasse la lumière sur l’affaire.

«Pourquoi soudainement, on s’en va dans une deuxième vague, on lève le pied, et ce n’est plus important ? C’est dangereux pour les travailleurs et la population», a déploré Simon Lévesque de la FTQ-Construction.

À l’Association des constructeurs de routes et grands travaux du Québec (ACRGTQ), on n’a pas été en mesure de commenter l’affaire hier.

À l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), on a refusé de commenter le cas de Turcot. 

«Les décisions sont prises au cas par cas en fonction des circonstances individuelles de chaque voyageur», a conclu sa porte-parole, Judith Gadbois.


Plus de 508 M$ en construction et 1,5 milliard $ en contrats de conception/construction ont été dépensés pour le projet Turcot au 1er avril dernier, selon le ministère des Transports du Québec.