/opinion/blogs/mechantsraisins
Navigation

Nos auteurs

CA_Patrick-DésyMathieu Turbide

Qui sera le Meilleur Sommelier du Québec 2020?

Qui sera le Meilleur Sommelier du Québec 2020?

Coup d'oeil sur cet article

Le célèbre concours aura lieu à huis clos, ce samedi, en raison de la pandémie de COVID-19. On fait le point avec Alain Bélanger, directeur technique de l’événement. 

Organisé par l’Association canadienne des sommeliers professionnels (ACSP) du Québec, en partenariat avec la Société des alcools du Québec (SAQ) et l’Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec (ITHQ), le concours du Meilleur Sommelier du Québec (MSQ) se déroulera à l’ITHQ à Montréal. Étant donné les mesures sanitaires à respecter, les étapes de demi-finale et de finale auront lieu exceptionnellement le même jour. Ce sont donc 12 sommeliers et sommelières qui rivaliseront lors de la demi-finale en avant-midi. La finale sera, quant à elle, diffusée en direct, dès 13h, sur les réseaux sociaux de l’ACSP.

Rappelons que le lauréat ou la lauréate remportera une bourse SAQ de 10 000$ ainsi que 5000$ en produits pour l’aider à poursuivre son entraînement en vue de représenter le Québec lors du concours du Meilleur Sommelier du Canada qui se déroulera en 2021.

Voici les noms des candidates et candidats et leur restaurant d’attache:  

  • Philippe Danon (Le Coureur des Bois Bistro Gourmand)  
  • Hugo Duchesne (Le Coureur des Bois Bistro Gourmand)  
  • Jean-Simon Rioux-Ranger (Le Coureur des Bois Bistro Gourmand)  
  • Rachel Dufour Laramée (Recto Verso Restaurant et Traiteur)  
  • Louis-Philippe Dupuis (Bistro L’Orygine)
  • Alberto FLores Gamez (Bâton Rouge)  
  • Joris Gutierrez Garcia (Montréal Plaza)  
  • Charlotte Harel-Richard (Beau Mont Restaurant)  
  • Parag Lalit (Maison Boulud)  
  • Guillaume Plante (Maison Boulud)  
  • Gabrielle Plastre (Chez Victoire)  
  • Josée Roberge (Estérel Resort)    

Le jury sera, quant à lui, composé de sommeliers de calibre mondial: Ghislain Caron, Élyse Lambert, Stéphane Leroux, Stéphane Lortie, Véronique Rivest et Patrice Tinguy.

Je me suis entretenu avec Alain Bélanger, Meilleur Sommelier du Québec en 1995 (Auberge Hatley) et finaliste au concours Meilleur Sommelier du Monde en 2000, et qui agit, cette année, à titre de directeur technique du concours. Voici les propos que j’ai recueillis.

Patrick

Drôle de concours, cette année, avec les consignes sanitaires et le protocole COVID-19 à appliquer?

Alain

En effet, ce sera une édition spéciale, mais qui reflète en même temps les conditions dans lesquelles les sommelières et les sommeliers doivent actuellement travailler. Tous les candidats porteront un masque et une visière et la distanciation sera de mise. Il en va de même pour les bénévoles, le jury et moi-même. Les règles sanitaires de l’ITHQ – dont le protocole en la matière est sévère – seront rigoureusement respectées.

Patrick

La finale se déroulera sans public. Est-ce que les candidats seront moins stressés?

Alain

Je ne crois pas, non. D’abord, ce sera télévisé. Il y aura une caméra fixe et une autre à l’épaule. Et puis, pour être parfaitement honnête, ce n’est pas le public qui génère le stress, mais le jury! Je me souviens, lors de mon concours en 2000, il y avait plus de 1000 personnes dans la salle et je n’ai les ai jamais vues! La réaction au stress est d’ailleurs un élément qui est évalué par le jury.

Patrick

Revenons à l’événement et à la sommellerie en général. Est-ce que le concours du MSQ est toujours aussi pertinent? Qu’est-ce que ça représente, à tes yeux, mais aussi pour monsieur et madame Tout-le-monde qui ne sont pas toujours au courant des efforts nécessaires pour y participer?

Alain

Le concours du MSQ est très important! La sommellerie n’a jamais été aussi performante, au Québec, et elle rayonne non seulement ici, mais partout dans le monde. Nous avons à nouveau, cette année, une belle brochette de candidats et de candidates. Le but de l’exercice est de reconnaître le travail des sommeliers et des sommelières tout en le reflétant, pas de dénicher un chien savant du vin! Le concours permet justement de pousser les candidats et les candidates à aller plus loin. Il faut connaître les notions de base, tout en étant un «trippeux»du vin qui veut faire passer un bon moment à ses clients. C’est de maîtriser l’équilibre entre trois choses: les connaissances, le savoir-faire et le savoir-être. C’est l’essentiel de la sommellerie et c’est ce qui permet justement à monsieur ou madame Tout-le-monde de passer un bon moment au restaurant.

Patrick

Comment se prépare-t-on pour un tel concours?

Alain

C’est comme les Olympiques, ça prend des années de préparation et d’expérience. Le niveau des examens écrits est chaque année plus difficile. Il faut déguster des centaines, voire des milliers de vins. Disons qu’il ne s’agit pas simplement de demander la différence entre le cabernet-sauvignon et le sauvignon blanc, si tu vois ce que je veux dire!

Patrick

Justement, est-ce que les évaluations ont beaucoup changé depuis le temps où tu concourrais en 1995 et en 2000?

Alain

La matière à couvrir est nettement plus large, aujourd’hui, qu’il y a 20 ans ou 25 ans! À l’époque, il me suffisait de savoir qu’on faisait du vin en Géorgie il y a 8000 ans, sans avoir à connaître la composition des sols des 10 sous-régions de production. Même chose pour la Chine, dont la production en était à ses balbutiements. En revanche, au niveau du service, les éléments évalués demeurent les mêmes, bien que le service en salle soit devenu pas mal plus relax depuis quelques années.