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Un an après son lancement à Monaco, la 5G cherche encore ses adeptes

Un an après son lancement à Monaco, la 5G cherche encore ses adeptes
AFP

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Un an après avoir basculé en technologie 5G, Monaco tire son premier bilan: un nombre de clients encore balbutiant, une offre de téléphones intelligents limitée, mais la Principauté mise sur les usages en entreprise et l’arrivée de nouveaux matériels pour un développement à plus grande échelle. 

C’est en juillet 2019 que l’opérateur Monaco Telecom, contrôlé par l’homme d’affaires français Xavier Niel et le gouvernement princier, a lancé son réseau 5G, avec des équipements chinois Huawei, faisant de la Principauté, enclavée en territoire français près de Nice, un précurseur.

Monaco est ainsi devenu le premier État en Europe entièrement couvert par un réseau 5G, sur un territoire toutefois peu étendu de 2 km2.

« Aujourd’hui la 5G est là, elle est disponible », s’est réjoui vendredi lors d’un point presse à Paris Frédéric Genta, délégué interministériel à la transition numérique de la Principauté.

À Monaco, les clients mobiles de Monaco Telecom (40.000 environ, + 1.000 cette année) ont tous accès à la 5G, gratuitement pour l’instant. L’opérateur compte environ « une centaine d’abonnés », précise M. Genta.

Si cette technologie n’est pas plébiscitée pour le moment du côté du grand public, elle a en revanche « attiré quelques entreprises », observe M. Genta, citant Vizua 3D Entertainment, une start-up spécialisée dans la réalité augmentée, incubée dans la pépinière de Monaco Tech.

La 5G est aussi déjà une réalité dans les abris voyageurs de la Principauté: un modem 5G permet de les connecter sans recourir à la fibre, et sans travaux de voirie.

En revanche, l’obligation de changer de téléphones intelligents et le nombre de modèles disponibles encore limité sont un frein commercial.

« La gamme est très limitée », souligne à l’AFP Martin Peronnet, directeur général de Monaco Telecom.

Il ajoute: « On n’a pas fait le lancement de la 5G pour avoir un retour sur investissement en un an. On est sur une technologie qui va évoluer, une montée en compétences très importante: on a déjà fait des mises à jour logiciel majeures, il n’y a pas une 5G, mais plusieurs générations ».

La première génération de téléphonie mobile permettait de passer des appels, la 2G d’y ajouter du texte, la 3G de commencer à envoyer des images et la 4G de développer l’internet mobile et les usages vidéo.

À terme, la 5G doit tout accélérer, démultiplier la vidéo, y compris les jeux vidéo, désengorger les réseaux mobiles dans certaines zones, et connecter tout ce qui ne l’est pas actuellement: les usines, les transports, les véhicules autonomes, la santé, etc.

Une technologie qui va « évoluer »

« À Monaco, comme dans tous les pays, il y a un débat sur les ondes de la 5G », admet M. Peronnet.

« La 5G est avant tout une révolution pour les entreprises, ça permet de déployer de nouveaux usages, de déployer de la connectivité plus rapidement, d’automatiser des usines, sans tirer des câbles de partout », souligne-t-il.

« Ce sont des usages en devenir, pas encore +implémentés+ (déployés, NDLR), que le Covid a plutôt retardés tant sur la disponibilité des matériels que sur leur usage », complète-t-il.

En attendant, la technologie peut se targuer de compter, parmi ses premiers clients « grands comptes », les sapeurs-pompiers de Monaco, dont l’efficacité des drones de reconnaissance est décuplée par le réseau 5G.

Depuis une dizaine d’années, ces drones équipés de caméras thermiques et de caméras classiques très puissantes sont utilisés pour faire de la reconnaissance durant une intervention. Les drones peuvent filmer à distance et zoomer. Les images sont transférées au centre opérationnel.

« Quand on fait du transfert d’images temps réel, ça permet un volume et un débit très important qu’on n’avait pas avec la 4G et une fluidité des images visualisées », explique Noureddine Aboussabr, directeur des services d’information (DSI) des sapeurs-pompiers de Monaco.

« Ça a vraiment changé la donne pour nous, car ça décuple les capacités. Si on n’avait pas la 5G, il faudrait mutualiser une dizaine de connexions classiques », ajoute-t-il.