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Au diable les mesures sanitaires

Malgré les nombreux rappels du gouvernement, 10 000 personnes ont manifesté à visage découvert samedi

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Plusieurs milliers de personnes ont défilé à visage découvert dans les rues de Montréal samedi scandant des slogans et chantant à tue-tête sans respecter la distanciation sociale, alors que le bilan des infections de COVID-19 est toujours en hausse, ce qui inquiète les autorités.

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« Arruda en prison ! », « On veut la vérité ! », « À bas les masques ! ».

L'ampleur inattendue de la foule réunie dans le centre-ville de Montréal, estimée à près de 10 000 personnes, a soulevé l'inquiétude dans les rangs policiers, selon nos sources.

Les contestataires ont fait part de leur frustration à l’endroit du gouvernement, réclamant la fin de mesures qu'ils qualifient de « dictatoriales », dont le port du masque obligatoire dans les lieux publics fermés pour contrer les éclosions de COVID-19.

Sans couvre-visage et sans se soucier de transmettre le virus, les manifestants de tous âges se prenaient dans leurs bras et se serraient la main sur la route, de la rue Sherbrooke au boulevard René-Lévesque, jetant des regards de désapprobation aux quelques passants masqués.

« Câlins gratuits »

Vêtus de chandail « câlins gratuits », certains enlaçaient même des inconnus, visiblement sourds aux demandes répétées du gouvernement de respecter la distanciation sociale, a pu constater Le Journal.

« Je suis très content que vous soyez ici, mais je suis pas mal sûr que M. Legault et M. Arruda ne le sont pas. Bravo ! », s’est écrié Stéphane Blais, un complotiste notoire et porte-parole de l’événement, en prenant le micro.

Un peu plus tôt, les animateurs ont enjoint les milliers de personnes groupées près d’une scène à chanter en chœur Gens du pays de Gilles Vigneault.

Cela survient quelques jours à peine après l’interdiction des karaokés dans les bars, qui ont provoqué des éclosions, notamment dans la région de Québec.

« Le risque est un peu moindre parce qu’ils étaient à l’extérieur, mais quand même, plus on est proches, plus on crie fort, plus il y a des chances de transmettre [le virus] à son voisin [...] Quand on chante, on propulse des gouttelettes encore plus loin », explique la Dre Caroline Quach, pédiatre microbiologiste infectiologue.

D'autant plus que de nombreux manifestants provenaient de diverses régions du Québec, selon nos informations.

« Plus les gens se rassemblent de partout – surtout s’ils viennent de régions où il y a une instance de cas plus élevés – plus on a de risques d’avoir de la transmission dans le grand groupe », estime la médecin.

Niveaux d’alerte

Depuis mardi, le gouvernement a d'ailleurs mis en place un système d'alerte qui assure un suivi de chaque région à l’aide d’une couleur en raison de la crainte d’une seconde vague..

Si Montréal se trouvait toujours en zone verte « Vigilance » samedi, Laval était en jaune, c’est-à-dire en « Préalerte » tout comme la Capitale-Nationale, l’Estrie et l’Outaouais.

Or, avec la hausse marquée de nouveaux cas positifs dans les derniers jours, la vice-première ministre Geneviève Guilbault s’est dite inquiète de ce rassemblement problématique, comme de d'autres en région. Samedi encore, la Santé publique rapportait 244 nouveaux cas et six décès.

Pas d’intervention policière

« Il suffit d’une personne qui se fait infecter, ou quelques personnes qui s’infectent dans un party. Par la suite, ces gens-là vont se promener d’un endroit à l’autre, et là ils ont le temps d’être un vecteur de contagion », a-t-elle rappelé.

La police de Montréal était présente samedi, mais ses agents n'ont pas eu à intervenir puisque les manifestations pacifiques sont toujours autorisées.

« Le port du masque à l’extérieur n’est pas obligatoire à condition de respecter les deux mètres de distanciation, si possible, a ajouté Mme Guilbault. Je comprends que des gens manifestent contre le port du masque, mais il reste que ces règles-là s’appliquent à tout le monde. »

-Avec l’Agence QMI

Un résumé pertinent de la journée,
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