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Des emplois sur l'eau méconnus et essentiels

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De la cale au cœur du moteur, en passant par les racoins du pont d’où on le décharge de sa marchandise, un navire est comme «une petite ville qui flotte». Pour fonctionner adéquatement, il doit être complètement autonome, grâce à des travailleurs aux professions méconnues. Nous avons suivi, durant 14 jours, un débardeur, un grutier et un officier mécanicien du Groupe Desgagnés pour comprendre leur réalité durant un quart de travail.

Alexandre Lapointe  

4e officier mécanicien

19 ans d’expérience

«Un bateau, c’est comme une petite ville qui flotte. On se doit d’être autonome. Et tous les systèmes doivent fonctionner, sinon, on ne peut pas naviguer», a expliqué Alexandre Lapointe.

Comme officier mécanicien, M. Lapointe effectue des rondes de surveillance durant ses quarts de travail. S’il y a quelque chose qui cloche, il est responsable de le réparer.

Il travaille par blocs de quatre heures, espacés par des périodes de repos de huit heures. Il œuvre donc de nuit comme de jour.

Sur un navire, il y a quatre officiers mécaniciens. Le premier est considéré comme le chef mécanicien.

Au moment de ce reportage, M. Lapointe travaillait sur le Damia Desgagnés, un asphaltier-pétrolier qui navigue sur les Grands Lacs et la voie maritime du Saint-Laurent.

Conciliation travail-famille

Lorsqu’il est en fonction, Alexandre Lapointe part pendant six semaines. Il profite ensuite de six semaines de congé. Pour ce père de famille, la conciliation travail-famille est donc un peu particulière.

«Je réussis à garder contact avec mes deux jeunes enfants grâce à Messenger, par exemple. Certains vont dire que je ne suis jamais à la maison, a expliqué Alexandre Lapointe, mais c’est faux puisque durant mes six semaines de congé, je suis complètement avec eux, donc je peux avoir du temps de qualité avec ma famille.»

Un officier mécanicien peut gagner de 80 000 à 150 000$, selon le Comité sectoriel de main-d’œuvre de l’industrie maritime.

Guillaume Tremblay  

Grutier, matelot de pont et timonier

30 ans d’expérience

«Être grutier, c’est très intense, tu ne peux pas te permettre de prendre un break. Tu ne peux pas te permettre d’être somnolent ou négligent. Faut que tu écoutes tout ce qu’il se dit à la radio parce que ça peut être dangereux», a expliqué celui qui travaille sur le Bella Desgagnés.

Le Bella Desgagnés est un navire-cargo mixte qui transporte à la fois des marchandises, des habitants et des touristes dans la région de la Côte-Nord et de la Basse-Côte-Nord.

Il dessert douze municipalités, dont une majorité n’est accessible qu’en avion ou en bateau, semaine après semaine.

Une multitude de rôles

Lors des multiples opérations de chargement et de déchargement, M. Tremblay suit les directives du premier officier de navigation. Ce dernier lui dicte quel conteneur, quel véhicule ou quelle marchandise il doit déplacer pour le déposer sur le quai.

Ces opérations peuvent prendre plusieurs heures.

Le grutier effectue aussi des quarts de travail comme matelot de pont et timonier.

Comme matelot, il assure l’entretien à bord du navire, participe aux tâches en lien avec la navigation et aide au transbordement de marchandises.

Comme timonier, il s’occupe de la direction du navire sous les ordres de l’officier de navigation en poste. Un matelot de pont et un timonier peuvent gagner de 50 000 à 85 000$, selon le Comité sectoriel de main-d’œuvre de l’industrie maritime.

Olivier Dufour  

Débardeur et opérateur de machinerie lourde

3 ans d’expérience

«Le Grand Nord, c’est sûr que c’est un monde totalement différent», a dit Olivier Dufour, qui a effectué déjà trois saisons à bord du Sedna Desgagnés. Ce navire-cargo ravitaille le Grand Nord canadien et québécois de juin à novembre.

Le Sedna Desgagnés transporte à peu près de tout: matériaux de construction, meubles, véhicules, etc.

Comme débardeur, M. Dufour s’occupe justement de charger et de décharger la cargaison du navire.

«On n’a pas de formation de l’Institut maritime du Québec, donc on n’est pas autorisé à piloter le navire ou à toucher aux amarres, aux ancrages, etc. C’est pour ça qu’on s’occupe seulement du cargo», a expliqué Olivier Dufour.

Normalement, les débardeurs travaillent directement dans les ports des villages. Cependant, la grande majorité des communautés dans le Nord n’ont pas d’installation portuaire.

Les navires doivent donc s’ancrer à plusieurs kilomètres du village. Les débardeurs travaillent ainsi directement sur le navire et transfèrent la cargaison sur de plus petites embarcations, des remorqueurs, qui se rendent jusqu’à la plage du village.

Pour être débardeur, il suffit d’avoir un diplôme d’études secondaires. Olivier Dufour a, en revanche, suivi une formation, donnée par son employeur, pour pouvoir utiliser de la machinerie lourde lors des opérations de chargement et de déchargement.

Un débardeur peut gagner de 50 000 à plus de 100 000$, selon le Comité sectoriel de main-d’œuvre de l’industrie maritime.

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