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Katerine Savard: nageuse et actrice

film Nadia Butterfly
Photo Chantal Poirier La nageuse Katerine Savard fait ses débuts au cinéma en jouant le rôle principal du film Nadia, Butterfly.

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Avec son second long métrage, Nadia, Butterfly, le cinéaste Pascal Plante a voulu montrer l’envers du décor de la vie d’une athlète de haut niveau en suivant le parcours d’une nageuse qui participe aux derniers Jeux olympiques de sa carrière. Et il a fait le pari de confier le rôle principal du film à la nageuse olympique Katerine Savard. 

De son propre aveu, Katerine Savard n’avait absolument aucune idée dans quoi elle s’embarquait quand elle a accepté de camper le personnage principal du film Nadia, Butterfly. « C’est en arrivant sur le plateau de tournage le premier jour que je me suis aperçu à quel point c’était une grosse affaire », lance-t-elle en riant. 

La nageuse de 27 ans médaillée de bronze aux Jeux de Rio en 2016 avait d’abord été recrutée par le cinéaste Pascal Plante (Les faux tatouages) à titre de consultante pour l’écriture du scénario. Mais au fil des rencontres avec elle, le réalisateur a eu l’idée de lui confier le rôle principal du film.

« Katerine a une belle énergie et je sentais qu’elle pouvait apporter quelque chose d’intéressant au personnage », indique Pascal Plante en entrevue au Journal

« Mais il y avait aussi l’aspect natation qui était important. En natation, on ne peut pas faire semblant. Surtout pas pour la nage papillon qui est très difficile à maîtriser. Je ne vois pas comment on aurait pu apprendre en quelques mois à une actrice à nager comme une nageuse olympique. »

Le corps d’une nageuse professionnelle aurait aussi été difficile à reproduire pour une actrice, rappelle le cinéaste. « Elles ont les épaules qu’elles ont. Dès le premier coup d’œil, on voit chez les nageuses toutes les heures qu’elles ont passées dans une piscine. »

Katerine Savard dans une scène du film.
Photo courtoisie
Katerine Savard dans une scène du film.

La vie après la natation

Seul film québécois à avoir été retenu dans la sélection officielle du Festival de Cannes cette année, Nadia, Butterfly suit le personnage de Nadia (Katerine Savard), une nageuse de 23 ans qui, en participant aux derniers Jeux olympiques de sa carrière, est tiraillée par le fait de devoir dire adieu à la compétition. Le film met aussi en vedette les nageuses Ariane Mainville, Hilary Caldwell et Cailin McMurray qui jouent les amies et coéquipières de Nadia. 

Comme tous les athlètes de haut niveau, Katerine Savard appréhende depuis longtemps le moment où elle décidera de prendre sa retraite sportive. 

« Ce sont des questions qu’on n’a pas le choix de se poser parce qu’on sait que notre carrière va finir un jour, confie-t-elle. Personnellement, ça fait des années que je sais que ça va arriver éventuellement et que je prépare mon après-carrière. Mais même en me préparant mentalement, je ne pense pas qu’il y a quelque chose qui va réussir à m’enlever la peine que je vais ressentir quand je vais arrêter de faire de la natation. »

Pour Ariane Mainville, ce sentiment de vide et d’incertitude qui accompagne la fin d’une carrière sportive ne s’applique pas seulement aux athlètes : « Je pense qu’il n’y a pas juste les nageurs et les athlètes qui vont pouvoir s’identifier au film. Chaque personne qui doit tirer un trait sur une étape importante de sa vie va vivre ce genre de deuil. »

Katerine Savard et Ariane Mainville étaient déjà de bonnes amies avant de commencer le tournage de Nadia, Butterfly. Cette première expérience à l’écran les a encore plus rapprochées. « Le fait d’avoir déjà vécu plein de choses ensemble avant de tourner le film nous a beaucoup aidées pour nos personnages, souligne Katerine Savard. On avait déjà pleuré ensemble et eu du succès ensemble. Parfois, juste en se regardant, on se replongeait dans ces émotions. »

Ayant lui-même déjà été nageur au niveau canadien, Pascal Plante souhaitait depuis longtemps réaliser un film sur la natation qui montrerait les coulisses des compétitions internationales et qui explorerait la question de la solitude des athlètes. 

« Les athlètes vivent dans des bulles quand ils participent à des compétitions internationales, explique-t-il. Katerine [Savard] m’a déjà raconté que quand elle est allée en Inde, ils avaient construit des murs devant les bidonvilles pour ne pas que les athlètes voient la misère. Ils essaient de créer un environnement artificiel à la Las Vegas qui a l’air parfait en apparence. Mais quand tu grattes le vernis, tu vois ce qui se cache derrière. » 

« Mon film n’attaque pas de front l’institution olympique. Par contre, je voulais montrer ces espèces d’incongruités là. Et le personnage de Nadia est lucide par rapport à cela. Elle est même très critique de ce mode de vie qui ne la satisfait plus à cette étape-ci de sa vie. »


Nadia, Butterfly prend l’affiche le 18 septembre.