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Le breakdance

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Capture d'écran, TVA Nouvelles

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Justin Trudeau jure qu’il ne veut pas d’élections cet automne.

Les signaux qu’il envoie depuis quelques semaines indiquent pourtant tout le contraire. 

Il multiplie les entrevues à la télé et à la radio aux quatre coins du pays, en plus de participer à des collectes de fonds. 

Si nous n’étions pas en pandémie, nous pourrions croire que le chef libéral se prépare à déclencher des élections. 

Sauf que le contexte sanitaire actuel lui permet difficilement de profiter de l’occasion d’appeler les Canadiens aux urnes. 

Comment justifier une campagne électorale lorsque la population est priée d’éviter les rassemblements ?

Mais je suis convaincu que ça le démange. L’occasion est belle. Les Canadiens sont majoritairement satisfaits de sa gestion de la pandémie. 

La « fenêtre d’opportunité » est grande ouverte. 

Le scandale WE Charity a peut-être jeté une douche froide, mais le Parti libéral est toujours en bonne position dans les sondages. 

Mais sans vaccins, Justin Trudeau ne peut pas se risquer à avoir l’air, justement, trop opportuniste. On ne joue pas avec la vie des gens. 

Le fait que le Nouveau-Brunswick soit en élections ne change rien. Cette province a été peu touchée par la pandémie et elle fait toujours partie de la « bulle » de l’Atlantique. 

De toute façon, Élections Canada est encore loin d’être prêt pour un scrutin automnal. 

Pas de salsa

Il serait donc étonnant que les libéraux déclenchent eux-mêmes des élections. 

Ils pourraient toutefois forcer la main des partis d’opposition, dans le but de leur faire porter l’odieux d’un déclenchement hâtif.

Quel parti appuiera le discours du trône libéral du 23 septembre prochain ? 

Justin Trudeau semble cette fois peu enclin à négocier avec ses adversaires à la Chambre des communes.

L’automne dernier, avant la présentation du discours du trône postélectoral, Justin Trudeau se cherchait activement un partenaire de danse. 

Pas cette fois-ci. 

Le premier ministre semble préférer le breakdance – qui se danse seul – à la salsa.

Même s’ils semblent moins pressés d’en découdre depuis l’arrivée de leur nouveau chef, Erin O’Toole, les conservateurs n’ont aucun intérêt à offrir leur confiance aux libéraux. Surtout après avoir demandé la démission de Justin Trudeau cet été dans la foulée de l’affaire WE Charity. 

Reste le Bloc et le NPD. 

Justin Trudeau pourrait-il être tenté de leur offrir une pilule empoisonnée ? 

Le NPD risque d’être content de l’orientation dépensière que pourrait prendre le discours du trône. Il veut aussi à tout prix éviter de déclencher des élections avant longtemps. 

Mais que fera la troupe de Jagmeet Singh si les libéraux prévoient des subventions aux énergies fossiles dans un discours du trône ou un budget--- subséquent ? 

Le Bloc, lui, pourrait être irrité de voir les libéraux étendre le filet social sans grands égards au respect des compétences des provinces.

À quand un budget ?

Le discours du trône demeure un énoncé d’intention plutôt vague. Le vrai test surviendra lors du dépôt du budget qui en détaillera les principes. 

Si Justin Trudeau présente un budget avant janvier, parions qu’il sera très difficile à avaler pour les partis d’opposition.