/finance/business
Navigation

Les agences de voyages face à la crise

Des dizaines d’entre elles ont déjà fermé, mais celles qui ont survécu se tiennent prêtes à redémarrer

Coup d'oeil sur cet article

Après un printemps passé à aider des clients dont les périples avaient été annulés et un été bien tranquille, les agents de voyages sont toujours face à l’inconnu. Ne sachant pas quand les affaires reprendront, ils font preuve de créativité pour traverser la crise.

ELLE S’EST LANCÉE DANS LES MASQUES

En fabriquant des masques, Johanne Larivière a pu rester active.
Photo Agence QMI, Joël Lemay
En fabriquant des masques, Johanne Larivière a pu rester active.

Quand Johanne Larivière a vu les masques se multiplier, au printemps, elle a eu cette réaction : « c’est tellement laid ». Quelques semaines plus tard, pourtant, elle en fabriquait !

C’est sa mère qui l’a convaincue en lui disant : « Pourquoi tu n’essaies pas d’en faire ? Tout ce que tu touches, ça devient beau ! » « Je lui ai répondu : mais voyons donc, il y a un milliard de personnes qui font des masques... »

Comme les mamans ont (presque) toujours raison, Mme Larivière s’est attelée à la tâche. « J’ai retrouvé mes anciennes amours », dit celle qui a déjà étudié en design de mode.

Conseillère à l’agence Cinquième Saison d’Outremont, elle a déjà confectionné plus de 500 masques.

Ses créations sont en vente dans deux boutiques montréalaises et sur sa page Facebook, Maske Couture Privée.

Les revenus provenant des masques permettent à Johanne Larivière de mettre de l’argent de côté en vue de la fin éventuelle de la subvention salariale d’Ottawa, qui lui a permis de rester à flot jusqu’ici.

IL A ACHETÉ TROIS AGENCES JUSTE AVANT LA PANDÉMIE

Jean Baraby a acheté trois agences juste avant la pandémie.
Photo Agence QMI, Joël Lemay
Jean Baraby a acheté trois agences juste avant la pandémie.

Jean Baraby a joué de malchance : en novembre, il s’est porté acquéreur de Club Voyages Raymonde Potvin, qui compte une succursale à Sainte-Catherine et une autre à Châteauguay. Puis en mars, il a mis la main sur Voyages Chartier, de Saint-Lambert.

« J’ai acheté le 10 mars et j’ai fermé le 20 », lance-t-il. « C’est sûr que c’est un mauvais timing », convient M. Baraby, avant d’ajouter, en riant, que ce n’est pas la pire erreur qu’il a faite dans sa vie.

« Je suis un optimiste, précise-t-il. On va s’en sortir, j’en suis convaincu. »

Selon lui, la crise « va redonner un regain aux agences de voyages ». Plusieurs clients ont été reconnaissants de recevoir le soutien de professionnels lorsque leurs voyages ont été annulés.

D’après l’Office de la protection du consommateur, une cinquantaine d’agences de voyages ont fermé leurs portes définitivement depuis le 10 mars. Cela représente plus de 7 % des quelque 775 agences qui étaient actives avant le début de la pandémie.

ELLE PARTICIPE À LA CONSOLIDATION DE L’INDUSTRIE

Andréane Laroche a fondé Voyages Bélaro il y a six ans.
Photo Ben Pelosse
Andréane Laroche a fondé Voyages Bélaro il y a six ans.

Andréane Laroche n’en peut plus d’attendre de savoir quand son agence, Voyages Bélaro, de Mirabel, pourra enfin recommencer à faire des ventes.

« Si c’est dans un an que le gouvernement a l’intention d’enlever la quarantaine obligatoire, eh bien, qu’il nous le dise ! » s’exclame-t-elle.

Mme Laroche ne voit pas en quoi il serait plus risqué de prendre l’avion en portant un masque que de manger au restaurant.

« Je comprends qu’au début, ça ne reprendra pas au niveau où c’était avant, reconnaît-elle. Mais au moins, ça nous donnerait un peu de rentrées d’argent. [...] Tout ce qu’on fait pour l’instant, c’est gruger notre petit coussin financier », poursuit-elle.

Mince consolation : Andréane Laroche a récemment greffé à son entreprise quatre agences affiliées qui n’étaient plus en mesure d’assumer seules leurs frais fixes. Deux autres pourraient suivre bientôt.

Ayant saisi ces occasions et avec un peu de chance, l’entrepreneure pourrait sortir plus forte de la crise.