/opinion/columnists
Navigation

Octobre, 50 ans plus tard

Coup d'oeil sur cet article

Avec la commémoration des 50 ans de la crise d’octobre, cet automne, les Québécois sont amenés à se questionner sur leur passé. 

• À lire et voir aussi - Les 50 ans de la crise d'Octobre: photos et documents inédits

Et qu’on ne fasse pas erreur : cette question ne concerne pas que les historiens. La manière dont un peuple se représente son histoire a des conséquences immenses sur sa manière de percevoir son présent. Elle oriente aussi sa conception de l’avenir. 

FLQ

Que retenir de l’aventure felquiste ? La mémoire collective est tiraillée. 

D’un côté, on trouve ceux qui sont encore charmés par le romantisme de la violence politique et le courage des jeunes hommes engagés dans une quête révolutionnaire.

On se souvient aussi de l’occupation militaire du Québec par l’armée canadienne, l’État fédéral prenant prétexte des événements d’Octobre pour casser le mouvement indépendantiste, qui avait le vent dans les voiles. 

Félix Rose, dans son très beau film Les Rose, a aussi rappelé la situation de domination de la classe ouvrière canadienne-française, qui ne semblait manifestement bénéficier d’aucun privilège blanc. 

De l’autre côté, nous savons qu’un homme est mort, dans une société où les indépendantistes pouvaient espérer raisonnablement conquérir le pouvoir par les urnes et réaliser l’indépendance démocratiquement. 

La mort de Pierre Laporte demeure une page honteuse de l’histoire du Québec moderne.

Le bilan est tragique. Au final, avec son révolutionnarisme amateur, le FLQ a fait reculer le Québec. 

Les jeunes hommes exaltés qui le rallièrent voulaient libérer leur peuple. Ils l’ont entraîné dans une situation tragique où il ne pouvait rien gagner. 

Écoutez Les idées mènent le monde, une série balado qui cherche a éclairer, à travers le travail des intellectuels, les grands enjeux de sociétés.

Tranquille

Sans cet épisode malheureux, qui était peut-être inévitable dans une époque tumultueuse, sans ce traumatisme, qui a marqué la conscience nationale, le Québec serait probablement indépendant aujourd’hui. Il aurait poursuivi sur le chemin du nationalisme démocratique. 

Le peuple québécois n’est pas un peuple violent. 

Il a fait une Révolution tranquille, et quand le jour viendra, il fera une indépendance tranquille.