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Un personnage qui part

Ron Fournier
Photo d'archives

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Ron Fournier était un personnage, mais il ne jouait pas la comédie. À la radio, il a été exactement ce qu’il était comme arbitre dans la LNH : un homme coloré et flamboyant pour qui j’ai toujours eu le plus profond des respects.

L’annonce de sa retraite crée un immense vide dans le paysage médiatique de la province. Ron était devenu une icône et ceux qui le côtoyaient savaient à quel point c’était un vrai professionnel.

J’ai toujours admiré Ron. Et par là, je ne veux pas dire que je me suis toujours bien entendu avec lui, au contraire !

Des prises de bec à l’époque où je dirigeais les Nordiques de Québec et que lui agissait comme officiel dans la LNH, on en a eu pas à peu près !

Je me souviens notamment d’un match à Vancouver. Je l’avais fait venir au banc de mon équipe et on s’était mis à s’engueuler. On se payait la traite, disons-le comme ça. Il était flamboyant, Ron, et il ne s’en laissait pas imposer.

Par contre, après coup, c’était tout oublié. C’est pour ça que je dis que c’était un vrai pro. Le lendemain, on se regardait, on s’envoyait la main et on se saluait en voulant dire : « hier, c’était dans le feu de l’action. On est allé trop loin ». C’était un arbitre qui était apprécié des joueurs. Comme à la radio, il était expressif et spectaculaire. Il aimait discuter avec les joueurs sur un ton amical, pas juste pour les réprimander. Il était capable d’envoyer une petite blague de temps à autre, question de détendre l’atmosphère.

UN PRO EN ONDES

Ironiquement, notre parcours dans les médias s’est ensuite entrecroisé et de nouveau transformé en saine rivalité. Lui, il était à CJMS et moi à CKAC, deux stations qui étaient en grosse compétition à l’époque. J’avais presque l’impression de revivre la rivalité Canadien-Nordiques !

Ensuite, on a travaillé ensemble à CKAC et on a eu un plaisir fou. Ron et moi, un peu trop confiants je dois l’admettre, achetions souvent des billets de paris sportifs en se disant que « nous autres, on connaît ça, on va faire de l’argent ».

Eh bien vous savez quoi ? On n’a pas fait une cenne avec ça ! C’était un plaisir de travailler avec lui. Ron, c’était un bon vendeur et un gars de gang.

LOYAL 

Surtout, c’était une personne extrêmement loyale. Il l’est demeuré jusqu’à sa retraite envers la profession d’arbitre. Il les a toujours défendus bec et ongles même si, parfois, ils étaient difficiles à défendre. Je n’étais pas toujours d’accord avec lui, mais je comprenais pourquoi il le faisait et c’était tout à son honneur. Le hockey et l’arbitrage l’ont fait vivre et il a toujours respecté ça.

Et que dire évidemment de son émission Bonsoir les sportifs  ? Ses nombreuses chansons — que je soupçonne avoir été écrite par son épouse et acolyte de toujours, Chantal — n’ont qu’ajouté à la grandeur du personnage.

D’ailleurs, j’ai un pressentiment. Ron a quitté la vie quotidienne des médias la semaine dernière, mais je ne miserais pas ma chemise qu’on ne le reverra pas ici et là. Actif comme il est, il ne pourra passer ses journées assis sur la chaise berçante !

Une chose est sûre, toutefois, c’est qu’il a suivi son instinct. Les récents problèmes de santé qu’il a connus lui ont probablement permis de remettre les choses en perspective. Il profitera maintenant pleinement de la vie avec sa douce Chantal.

- Propos recueillis par Roby St-Gelais