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Rescapé par le patron du Canadien

Un pilote d’avion qui a coulé à l’amerrissage sur un lac en Estrie s’en sort avec des blessures mineures

Le pilote Gabriel Chartier (photo) a eu la surprise d’être sauvé par le président et copropriétaire du Canadien Geoff Molson.
Photo courtoisie Le pilote Gabriel Chartier (photo) a eu la surprise d’être sauvé par le président et copropriétaire du Canadien Geoff Molson.

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Le pilote de l’avion amphibie qui a sombré dans un lac de l’Estrie samedi a eu la double surprise de voir son appareil couler... et être, lui, repêché par le grand patron du Canadien.

Gabriel Chartier avait prévu aller dîner à North Hatley, comme il l’a fait des dizaines de fois auparavant.  

Au moment d’amerrir sur les eaux du lac Massawippi, aux commandes de son Seabee, un avion amphibie, il était loin de se douter qu’il aurait droit à deux surprises pour le prix d’une. 

« C’était un amerrissage normal. J’avais une vitesse de 85 milles à l’heure, j’avais commencé à toucher à l’eau, j’étais face au vent. J’ignore ce qui s’est passé. C’est comme si j’avais frappé quelque chose », a raconté M. Chartier au Journal dimanche.

Son avion s’est alors renversé avant de commencer sa descente vers les profondeurs du lac. 

Propriétaire de l’aéroport de Saint-Hyacinthe d’où il partait, M. Chartier est parvenu à s’extirper de l’appareil sans trop de mal. Et sans trop de conséquences.

« Avec les ceintures baudriers, on est bien protégé. J’ai une main qui a été lacérée un peu. Possiblement en raison de la fenêtre. Sinon, je n’ai que des égratignures aux jambes et au visage, a-t-il expliqué, déjà de retour au boulot à peine 24 heures après l’événement.

Juché sur l’une des ailes de l’appareil et équipé d’une veste de flottaison, le pilote d’expérience n’a eu d’autre choix que de nager vers le rivage lorsque l’avion s’est mis à caler.

Après le naufrage, des bouées ont été installées sur le lac Massawippi pour recueillir le carburant de l’avion.
Photo Agence QMI, Audré Kieffer
Après le naufrage, des bouées ont été installées sur le lac Massawippi pour recueillir le carburant de l’avion.

« Je suis choyé »

C’est à ce moment qu’une embarcation du North Hatley Club s’est approchée de lui.

« Je vais vous dire une chose, je suis choyé. C’est Geoff Molson qui est venu me chercher », a lancé M. Chartier, plus secoué par la présence du propriétaire du Canadien que par sa mésaventure.

« En fait, je ne m’en suis même pas rendu compte sur le coup. Ce sont les pompiers de la municipalité, une fois sur le rivage, qui m’ont dit : « As-tu vu qui est allé te chercher ?” C’est là que j’ai vu Geoff. Un gars très simple et vraiment gentil. » 

Le bon Samaritain

Le président et copropriétaire du Canadien, Geoff Molson
Photo d'archives, Martin Chevalier
Le président et copropriétaire du Canadien, Geoff Molson

Remis de ses émotions, il se demande maintenant comment il pourra souligner le geste de M. Molson.

« Ça ne doit pas être le genre de gars qu’on remercie en lui donnant une bouteille de vin à 20 $ », a-t-il confié en riant.

Molson revenait de faire le plein dans son embarcation lorsque l’accident est survenu. 

Il a entendu l’avion qui passait à une basse altitude, mais il n’a pas vu l’appareil toucher l’eau. Il a toutefois entendu des voisins qui appelaient pour de l’aide. 

C’est à ce moment qu’il a pris son bateau pour venir à la rescousse du pilote qui a réussi à s’extirper de son appareil avant qu’il ne coule.

Le Journal a demandé une entrevue avec le propriétaire et président du Tricolore, mais il a décliné l’invitation.

« Geoff n’est pas un héros, il a juste aidé une personne. Il a simplement fait son devoir de citoyen », a affirmé un représentant du CH.

« Je ne veux pas en faire une grosse histoire », a expliqué Molson au responsable de l’équipe. 

M. Chartier assure qu’il n’a jamais craint pour sa vie. Selon lui, une perte de conscience causée par le choc aurait été le seul élément de danger. Mais grâce à sa ceinture, il s’en est donc sorti avec plus de peur que de mal. Et avec une bonne histoire à raconter.

– Avec la collaboration de Jean-François Chaumont