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Le plan de Renard prend forme

Le directeur sportif est en poste depuis un an

Impact de Montréal
Photo Pierre-Paul Poulin En poste depuis un an, le directeur sportif de l’Impact ,Olivier Renard, est loin de chômer.

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Olivier Renard a quitté la Belgique pour devenir directeur sportif de l’Impact il y a un an, et, en douze mois, on peut dire qu’il a modifié l’aspect du club qui en avait besoin.

Renard, qui est franchement sympathique et qui adore parler de foot, ne le cache pas, il avait une vision en franchissant l’Atlantique.

« Lors de ma venue ici, l’idée que j’avais avec les dirigeants du club, c’était de faire progresser l’équipe avec Thierry Henry et avec plus de jeunes sur le terrain.

« Sans critiquer, si on parle de l’âge, les joueurs sur le terrain l’an passé et ceux qui y sont maintenant, c’est complètement différent. On a des jeunes qui vont bien et peut-être des possibilités de revendre plus tard. »

Virage

Il a donc respecté ce qu’il avait annoncé en mentionnant qu’il aimait miser sur des jeunes joueurs qui pouvaient se développer, et, éventuellement, avoir une valeur de revente plus tard.

Il a ainsi notamment recruté Luis Binks, un succès. Il a aussi mis la main sur Emanuel Maciel dans le transfert de Nacho Piatti et le jeune Argentin est en train de prouver qu’il n’est pas un simple prix de consolation.

Il a également transféré Zachary Brault-Guillard qui était avec l’Impact en prêt de l’Olympique Lyonnais en 2019.

« On a des jeunes qui n’ont pas coûté cher. Je ne veux pas faire de l’import-export, mais des jeunes comme Binks, Maciel et Brault-Guillard cadrent dans ce qu’on veut faire. »

Ce sont donc des transferts à peu de frais qui rapportent immédiatement sur le terrain et qui pourraient rapporter financièrement plus tard. Déjà, Binks a été transféré à Bologne même s’il terminera la saison avec le Bleu-blanc-noir.

« Je préfère prendre un inconnu et être critiqué quand il arrive et qu’il devienne important dans l’équipe », ajoute-t-il. 

Bonne moyenne

Renard a clairement confiance en lui, mais jamais au point de flirter avec l’arrogance, bien au contraire. Il affecte même une certaine modestie dans ses propos, même s’il admet être heureux de son bilan pour le moment.

« Dans le football, tu ne peux jamais faire 100 %, mais très honnêtement, je suis très content des deals qu’on a faits.

« Par exemple, on aurait pu garder Bacary Sagna, mais il était plus âgé. J’ai préféré miser sur Clément Bayiha et Zachary Brault-Guillard qui sont plus jeunes et qui coûtent moins cher. »

Il a aussi choisi de parier sur Romell Quioto, un joueur que le Dynamo de Houston a mis à l’écart l’an passé en raison de problèmes hors du terrain.

« C’est une des plus grandes satisfactions qu’un directeur sportif peut avoir quand tu fais confiance à un garçon qui va bien sur la confiance.

« On avait entendu des histoires, il savait que c’était un contrat à court terme. Les doutes se sont dissipés et il est devenu presque le joueur offensif le plus constant de l’équipe en plus d’avoir la polyvalence pour jouer à plusieurs positions. »

Identité

Ce dont il est aussi très fier, c’est de contribuer au développement d’une identité claire, ce que le club n’a pas vraiment eu depuis son arrivée dans la MLS, en 2012.

« Sportivement, on commence à avoir une identité sur le terrain. Thierry a pu faire des expériences à Orlando et, maintenant, il commence à comprendre un peu ce qu’il peut faire avec son groupe. Je crois que les gens commencent à voir où on veut en venir. »

Renard souligne au passage que même si les gens ont retenu la fiche négative de l’équipe lors du tournoi de reprise à Orlando, celle-ci se débrouille plutôt bien avec une fiche de 4-4-1 et une place dans les séries si elles devaient commencer aujourd’hui.

« Je pense qu’au début de la saison, il y avait beaucoup de personnes qui ne nous voyaient pas aussi bien dans le classement. » 

Un contexte exceptionnel 

Quand Olivier Renard s’est amené avec l’Impact, il était loin de se douter qu’il aurait à vivre, comme nous tous, une année 2020 infernale.

« Lors de mon embauche, on ne savait pas qu’on devrait parler avec un masque sur la bouche un an plus tard, image-t-il. Le contexte n’est pas facile. On est à une semaine de la phase deux et on ne sait pas encore ce qu’on va faire. On doit vivre au jour le jour. »

Si c’est surtout le président, Kevin Gilmore, qui gère la suite des choses avec la MLS, Renard espère que le gouvernement canadien assouplisse un peu ses règles de transit entre le Canada et les États-Unis afin que l’équipe ne soit pas forcée de se relocaliser à New York jusqu’à la fin de la saison.

Pour l’heure, on sait que c’est le cas, du moins jusqu’à la fin du mois. On verra pour les neuf derniers matchs de la saison.

Désavantage

Même si la phase actuelle aura permis à l’équipe de jouer six matchs sans anicroche contre ses deux rivaux canadiens, le Toronto FC et les Whitecaps de Vancouver, Renard souligne que ç’a été un grand désavantage pour ses hommes.

« Dans le championnat MLS, on a trois de nos quatre défaites contre Toronto. Même s’il y a une grande rivalité contre eux, c’est un des grands clubs de la ligue.

« On joue quatre fois contre un ténor de la MLS. Si on demande à une équipe de la Série de jouer quatre fois contre la Juventus, ce n’est pas évident pour eux. »

Et si l’équipe doit se déplacer à New York ou encore jouer tous ses matchs locaux ailleurs qu’au Stade Saputo tout en pouvant revenir au pays, ça sera une autre forme d’adversité.

« Si on commence à jouer tous nos matchs sur la route, on va faire notre maximum, mais ce n’est pas pareil que de jouer devant nos partisans. »

Pas facile

Le directeur sportif reconnaît que c’est une situation difficile pour ses joueurs et il espère qu’ils sauront faire la part des choses même s’il comprend leurs inquiétudes.

« Tout le monde est dans la même situation, ils doivent laisser leur famille derrière et ce n’est pas évident.

« Chaque joueur a le droit d’avoir des problèmes dans une situation semblable. Mais on n’est pas les seuls à souffrir de ça, il faut combattre la situation et ne pas se plaindre. »

Il veut ainsi remettre les choses en perspective en soulignant que son effectif est malgré tout privilégié en dépit de la situation. « C’est une année difficile, de sacrifices, mais des gens ont perdu des proches avec ce virus, il y a des gens plus malheureux que des athlètes professionnels qui peuvent pratiquer leur sport. Il faut mettre l’église au centre du village. »