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L’étincelle dans les yeux d’Élie

Élie Hamel-Patulli
PHOTO COURTOISIE Élie Hamel-Patulli

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En concluant sa saison de baseball samedi matin, à Longueuil, le jeune Élie Hamel-Patulli a mis le point final à un été fort en émotions. Enfin, il s’est senti comme tous les autres enfants de son âge.

«Il voulait jouer au baseball comme les autres», résume Frédéric Ostiguy, directeur du niveau Atome B pour l’organisation des Pionniers de Longueuil.

Quand Ostiguy a reçu une lettre de motivation signée par une ergothérapeute exhortant qu’Élie, 7 ans, puisse intégrer l’une des quatre formations de la ligue maison, il a pris le dossier en main. Considérant la démarche, il s’est dit que s'il ne l’essayait pas, il ne saurait jamais si ça pouvait fonctionner.

«Selon moi, on ne pouvait pas refuser ça», tranche-t-il.

Le jeune Hamel-Patulli adore le sport, spécialement le baseball. Avant cet été, il était toutefois confiné aux lignes de côté pour observer ses cousins ou encore son grand frère, Frédérick, sur le terrain. Pour résumer, le garçon a été diagnostiqué d’un syndrome neurologique (myélite transverse) à un jeune âge, une maladie se traduisant par une inflammation de sa moelle épinière. Puis, l’ataxie s’est ajoutée. Le tout entraîne inévitablement, chez Élie, un manque de coordination.

«Ce que je retiens le plus, c’est au niveau humain, ajoute Ostiguy. Les autres jeunes n’ont aucunement considéré son handicap, ils n’ont pas noté la différence pour ensuite se moquer de lui ou encore le mettre à l’écart. On a juste eu de beaux moments et le sourire d’Élie fait foi de tout.»

Une maman fière

Audrey Hamel est la mère d’Élie et de Frédérick. Naturellement, elle craignait un peu la réaction des autres enfants ou encore celle de certains parents au début de l’été.

«C’était ma grande peur et au contraire, quand Élie arrivait au bâton, ils étaient nombreux à applaudir, se réjouit-elle. C’est toute la saison qui a été un beau moment. Juste de voir cette étincelle dans ses yeux. Je crois que c’était l’impression d’être dans une gang normale.»

Élie a aussi pu partager le diamant avec son frère Frédérick en faisant partie de la même équipe. Ils ont d'ailleurs remporté leur finale de consolation, samedi matin, au parc Fonrouge.

«Je pense que ç’a permis de créer un lien encore plus fort entre les deux, poursuit la maman. Pour Frédérick, c’était bien de voir que son frère pouvait pratiquer la même activité que lui.»

Et si Élie avait besoin d’un «tee-ball» en début de saison, il est maintenant en mesure de frapper la balle en provenance de la catapulte faisant office de lanceur.

«Le message qu’on veut envoyer à tous les parents qui ont des enfants jugés différents, c’est de ne pas avoir peur d’approcher les organisations sportives», insiste Ostiguy.

En temps de COVID-19

Avec un système immunitaire affaibli, la période estivale n’a pas été un long chemin tranquille pour Élie, surtout en cette période de pandémie de COVID-19. Une fois par semaine, ç’a été l’administration d'immunoglobulines par voie sous-cutanée. Ses efforts pour jouer au baseball ont également causé une augmentation de ses douleurs neurologiques.

Il a évidemment fallu qu'il s’adapte, mais son entrain sur le terrain et cette étincelle dans ses yeux faisaient oublier bien des souffrances.