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Des orthopédagogues font de la surveillance et de la désinfection

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Des orthopédagogues et autres professionnels doivent faire de la surveillance d’élèves et de la désinfection dans les écoles, plutôt que d’intervenir auprès de jeunes en difficulté, une situation jugée inacceptable par Québec, qui promet d’intervenir.

« Surveillance et accompagnement aux toilettes. » « Gérer la circulation des voitures dans les débarcadères lorsque les parents viennent porter ou chercher leurs enfants. » « Surveillance du dîner. » « Désinfection. »

Voilà quelques-unes des tâches liées aux mesures sanitaires que des orthopédagogues doivent accomplir dans les écoles depuis le retour en classe.  

C’est du moins ce qu’ont indiqué ces professionnels en réponse à un sondage réalisé la semaine dernière par la Fédération des professionnelles et professionnels de l’éducation du Québec. 

Des animateurs de vie spirituelle et d’engagement communautaire ont même indiqué faire de la désinfection de vestiaire « à la fin de chaque période » et « de la désinfection de toilettes plusieurs fois par jour ». 

Une orthophoniste doit s’occuper de l’accueil et des déplacements des élèves de maternelle. « Ça me prend toute la journée », écrit-elle. 

À la grandeur de la province 

Sans être généralisée, la situation est répandue à la grandeur du Québec et est jugée suffisamment préoccupante pour que le syndicat tire la sonnette d’alarme, affirme son président, Jacques Landry. 

« On trouve ça aberrant qu’on demande ça sur une base régulière à des professionnels qui devraient consacrer tout leur temps à intervenir auprès des élèves », lance-t-il. 

Dans plusieurs cas, les professionnels doivent consacrer chaque jour une heure, parfois une heure trente à la réalisation de ces tâches qui n’ont rien à voir avec l’intervention auprès d’élèves vulnérables.  

À la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement, on confirme que le phénomène est bien réel en raison du manque de personnel.  

« Ce n’est pas notre premier choix », lance son président, Nicolas Prévost.  

Ce dernier s’étonne toutefois qu’on aille jusqu’à demander à des professionnels de nettoyer des toilettes. « On ne devrait pas faire ça », laisse-t-il tomber. 

La Fédération des professionnels déplore par ailleurs que des membres doivent toujours consacrer autant d’heures à des tâches d’évaluation et d’administration, contrairement à ce qu’avait annoncé le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, peu avant la rentrée.

Situation inacceptable 

Au cabinet du ministre Roberge, on promet d’intervenir rapidement afin que « ces situations problématiques, si elles devaient s’avérer, cessent dans les meilleurs délais », indique son attaché de presse Francis Bouchard. 

« Cette situation, si elle s’avère, n’est pas acceptable », affirme-t-il.