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Les antimasques se déconfinent...

Les antimasques se déconfinent...
Photo MARTIN ALARIE

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Si vous avez transité par l’entrée ou la sortie de l’autoroute 50 dans le coin de Montebello en fin de semaine, vous avez probablement remarqué qu’il y avait quelques affiches à propos d’une «manifestation».

Non à la «dictature»!

Oui madame, oui monsieur, une manifestation «antimasques». Contre les mesures sanitaires imposées par le gouvernement en temps de pandémie mondiale.

Pour autant qu’on accepte le concept que la pandémie existe.

Mais tsé, même si la science a prouvé, il y a belle lurette, que la planète est ronde, il y a encore quelques illuminés pour croire que la terre est plate.

Plate de même, mais il y en a aussi pour nier que nous sommes en pandémie. Ou que le simple fait de devoir porter le masque quand on fait les courses ou que l’on se trouve dans une situation de trop grande proximité, mais ça la... c’est comme de la DIC-TA-TURE!

La dictature sanitaire.

Comme l’écrivait avec une pointe d’ironie une connaissance sur les réseaux sociaux, «après combien de manifestations contre la dictature, il devient ridicule de se prétendre vivre en dictature?»

Si vous avez suivi l’actualité internationale un peu récemment, vous avez peut-être vu ces scènes troublantes en Biélorussie de manifestants pacifiques qui se font tabasser et même kidnapper par les forces de l’ordre.

Ici, en pleine pandémie, le gouvernement refuse d’empêcher les gens de manifester. Contre le port du masque, contre le racisme, pour de meilleures conditions de travail, il y en a eu des manifestations au Québec récemment.

À Papineauville?

Quand j’ai appris qu’il y aurait une manifestation contre le port du masque à Papineauville, dans la Petite-Nation, j’ai accueilli ça avec scepticisme. Puis, sur la page Facebook du journal local auquel je contribue fièrement, on a publié rapidement sur le sujet. Et les gens ont beaucoup réagi.

Allez voir ça. Le moins que l’on puisse dire, et y’a quelque chose de rassurant là-dedans, c'est que l’écrasante majorité des gens étaient en beau fusil devant la perspective de voir débarquer ici une bande d’hurluberlus qui se font un projet de société de ne pas respecter les règles sanitaires les plus élémentaires.

C’est exactement ce que je me suis dit quand j’ai pris connaissance de cette nouvelle: à Papineauville? Pourquoi batinse! Manifestement, c’est plutôt à Montréal que ces gens se sont réunis.

Chaque jour, je consulte le fil Twitter de l’excellente journaliste du Droit Justine Mercier, car elle publie les statistiques quotidiennes des cas de COVID dès qu’elles sont disponibles. Et je regarde ensuite le site internet de la MRC de Papineau afin de suivre l’évolution de la situation par chez nous.

Situation stable dans la MRC de Papineau

Dans la très grande majorité des villages de la Petite-Nation, c’est toujours la même notification: «5 cas ou moins». Depuis le début de la pandémie. À Papineauville, notamment. 5 cas ou moins.

Pourquoi venir mettre ça en péril? Pourquoi venir manifester dans une municipalité où ça se passe relativement bien, alors que les écoles y sont ouvertes, que la seule éclosion dans un CHSLD de toute cette région, celle à Saint-André-Avellin, n’a pas été un récit tragique, mais bien plutôt une histoire de réussite? Grâce au travail dévoué des employés, des intervenants du milieu de la santé et des résidents et leurs familles.

On doit le dire et s’en féliciter, la situation va plutôt bien dans notre région. Et quotidiennement, on remarque que les gens suivent les consignes. Et je n’ai pas l’impression de vivre au goulag.

C’est beaucoup ça que j’ai lu sur le site web de notre journal local, mais aussi quand j’ai discuté de ça avec les gens.

Est-ce que ça veut dire que tout est parfait? Que les autorités n’ont pas donné l’impression d’une certaine confusion à l’occasion?

Non.

En même temps, on ne se trouve pas en situation de pandémie tous les jours non plus. Le coronavirus, cet ennemi invisible, évanescent en quelque sorte. Dont on ne connaissait que très peu de choses.

Loin de moi la prétention de dire que les autorités sanitaires ou le gouvernement soient au-dessus de toutes critiques, mais de là à imaginer des complots partout et de brandir le spectre de la «dictature sanitaire» ou encore de réclamer la «liberté» de ne pas suivre les règles de la Santé publique en temps de pandémie mondiale?

J’sais pas...

À ceux qui fouinent les arcanes sombres du web pour dénicher des complots douteux de pandémie sur fond de 5G et de gouvernement mondial qui cherche à nous manipuler, je suggère une petite fin de semaine de déconnexion.

Pour se changer les idées. Et nous avons, dans la Petite-Nation, de petits paradis! Comme Kenauk Nature au nord de Montebello, ou dans la réserve faunique Papineau-Labelle, le majestueux lac Écho!

Pas de danger de 5G par là! Ni des puces à Bill Gates... Et garanti qu’il y a de la place en masse pour la distanciation sociale.