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Les irremplaçables États-Unis

Les irremplaçables États-Unis
Photomontage, Le Journal

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Le véritable compte à rebours des élections américaines est commencé. Dans 50 jours, les Américains auront choisi leur 46e président. 

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Cette élection est peut-être la plus importante de l’histoire des États-Unis. Elle pourrait marquer un renversement de l’ordre mondial.

Donald Trump n’est pas un président comme les autres. Il est vulgaire, grossier, narcissique, tricheur, inculte, menteur, raciste, misogyne, vantard, méprisant, manipulateur, colérique, fraudeur, prétentieux, déloyal, malhonnête, brouillon, revêche, tyrannique et népotique.

Des partisans de Donald Trump ont  défilé sur le boulevard Ventura de Studio City, un quartier de Los Angeles, hier.
Photo AFP
Des partisans de Donald Trump ont défilé sur le boulevard Ventura de Studio City, un quartier de Los Angeles, hier.

Jamais un président n’a cumulé autant de défauts. Et pourtant, la majorité de ses électeurs l’aiment.

Pour les ultra-riches

Si Trump livrait la marchandise, tous ces défauts lui seraient pardonnés. Mais Trump ne recherche que son enrichissement et celui de ses amis ultra-riches. Ce sont d’ailleurs eux et leurs amis qu’il a nommés à des postes de secrétaires dans son cabinet. C’est au bénéfice de sa fortune qu’il a transformé les lois fiscales américaines. C’est encore à son argent qu’il pense quand il demande plus de fermeté face à la Chine.

Trump détourne la démocratie américaine au profit des milliardaires. Il n’est pas le seul à agir ainsi. D’autres, dont des juges et des membres éminents du parti républicain, font la même chose depuis longtemps. 

Au-delà du pénible personnage de Trump, les élections américaines vont déboucher sur une remise en question de la démocratie. Ni les démocrates ni les républicains ne vont accepter la défaite à la prochaine élection, à moins qu’ils ne perdent par une marge importante. 

Quand les élections ne sont plus reconnues comme un mécanisme équitable et efficace pour régler les différends à l’intérieur d’une société, la colère politique sourde, l’indifférence électorale et le mépris de la classe politique s’installent. Ces sentiments font le lit à des mécanismes non démocratiques de résolution des conflits.

Paralysie

Peu importe le résultat des élections du 3 novembre, les États-Unis risquent de ressortir en partie paralysés.

D’ailleurs, cette paralysie partielle a déjà commencé à se faire sentir. Par exemple, le Congrès n’est pas parvenu à faire voter un budget d’aide supplémentaire pour les Américains affectés par la COVID-19. 

Or les démocraties ont plus que jamais besoin d’un leader fort pour contrer la montée de nombreux dictateurs.

Joe Biden serait-il capable de remplir ce rôle ? Peut-être, mais il est vieux et usé.

Qui donc guidera les démocraties du monde ?

L’Union européenne se désagrège. L’Inde, quoique démocratique, n’approche pas la puissance américaine, en plus d’être déchirée par ses propres démons. Le Japon se dépeuple. Les puissances moyennes comme le Canada et l’Australie manquent de moyens et d’ambitions. 

Les États-Unis ont pris de multiples décisions désastreuses à l’échelle internationale. Comme l’invasion de l’Irak. Mais ils ont aussi soutenu depuis plus de 75 ans des idéaux de liberté et de démocratie. 

Trump et ses amis subordonnent la politique américaine à l’argent vite fait. Cette nouvelle orientation est insupportable pour les démocraties. Malheureusement, les États-Unis n’ont pas de remplaçant à l’échelle mondiale.