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Moins de ressources pour les itinérants

Le « curé de la rue » implore la Ville d’ouvrir des haltes chauffées puisque les refuges roulent à capacité réduite

Claude Paradis
Photo Pierre-Paul Poulin Tous les jeudis, l’abbé Claude Paradis distribue des sacs de nourriture donnée, contenant dans ce cas-ci un sandwich, une banane, des barres tendres et un jus.

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Après un été déjà difficile pour les itinérants à Montréal, qui ont perdu bien des ressources en raison de la pandémie, le « curé de la rue » craint que l’hiver soit encore plus néfaste cette année si la Ville n’ouvre pas des locaux pour les aider à se réchauffer. 

« Les refuges marchent au ralenti, ils n’accueillent presque pas de monde. [Les sans-abri] n’ont rien à manger, rien à boire. On essaie de pallier, mais il y a des milliers de personnes dans la rue. On est débordés. On ne peut pas fournir à tout le monde », se désole l’abbé Claude Paradis que l’on surnomme le « curé de la rue ». 

Cet été, il estime qu’au moins une cinquantaine de sans-abri ont perdu la vie à la suite d’une surdose, ce qui équivaut à plus du triple de l’année précédente, selon ses constatations. 

« À cause de la COVID-19, les frontières sont fermées, donc la drogue n’entrait pas, ou très peu. Alors, pour obtenir les mêmes profits, les fabricants devaient couper la drogue avec le fentanyl, qui ne coûte rien, mais qui entraîne des arrêts respiratoires », explique-t-il. 

En quelques minutes 

Or, lors d’un arrêt respiratoire dû au fentanyl, il faut administrer du naloxone – un produit qui renverse presque immédiatement les effets de l’opioïde – dans les minutes suivant la réaction.

Si plusieurs refuges en ont habituellement en leur possession, ce n’est pas le cas de tout le monde sur la rue. 

Pour commémorer les défunts non réclamés qui sont morts seuls dans la rue, l’abbé Paradis organise une cérémonie le 16 septembre prochain à 14 h, à la cathédrale Marie-Reine-du-Monde.

« Je vais nommer le nom de chaque victime, et ils auront droit à une fleur chacun », explique celui qui concélébrera la messe avec l’archevêque Christian Lépine.

Haltes chauffées

Avec les températures qui commencent à refroidir la nuit, il implore la Ville d’ouvrir des haltes chauffées dans des locaux désaffectés ou dans des sous-sols d’église, pour donner un coup de main aux refuges, qui ont dû réduire de beaucoup leur capacité à cause des mesures sanitaires. 

Certains organismes qui offraient un repas chaud ont quant à eux dû fermer leurs salles à manger, obligeant les itinérants à consommer leurs repas à l’extérieur.

« Il devrait y avoir plus de lieux pour que les gens ne passent pas des 24 heures à n’en plus finir dans la rue. C’est très dur physiquement d’être dans la rue, l’hiver : ils ne mangent presque pas [et] doivent passer la nuit à marcher, au risque de geler », ajoute l’abbé.