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Un fabricant québécois de produits d’acier appréhende les répercussions

Martin LeBlanc,
Photo Francis Halin Martin LeBlanc, PDG de Industrie-L, à Longueuil, qui fabrique une vaste gamme de produits, comme des plateformes d’équipement, des cabines de peinture, mais aussi des laveuses et des fours industriels, voit arriver les vents de face.

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Un fabricant de produits d’acier pour les grands noms de l’aéronautique a dû freiner ses investissements en raison de la pandémie et voit venir les contrecoups de la crise sur son carnet de commandes.

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« On s’est payé un découpe-laser à un million de dollars. C’est un gros investissement, qui a rapporté. On voulait aussi investir dans un logiciel de gestion, mais la pandémie est venue retarder nos plans », confie Martin LeBlanc, PDG de Industrie-L, à Longueuil.

Fondée il y a cinq ans à la suite d’une fusion, la PME d’une quarantaine d’employés de Longueuil se spécialise dans la fabrication de produits d’acier, de ventilation et de pièces industrielles sur mesure, assemblées et soudées. 

Ces derniers mois, Industrie-L a continué d’engranger des profits grâce à ses gros clients du monde de l’aéronautique et de l’alimentaire, mais le virus l’a forcée à reporter ses projets d’investissements et a aggravé ses problèmes de pénurie de main-d’œuvre.

Comme elle, plus de 54 % des entreprises estiment que la crise actuelle a des effets négatifs sur leurs activités, révèle une étude de l’Institut du Québec (IDQ), dont Le Journal a obtenu copie.

« Les facteurs économiques comme l’incertitude et la baisse de la demande sont des obstacles à l’investissement, mais la rareté de la main-d’œuvre demeure une des plus grandes préoccupations », peut-on y lire.

Encore la PCU

Quand on demande à Martin LeBlanc, PDG de Industrie-L, ce qui lui a fait le plus mal durant la pandémie, il soupire en évoquant... la Prestation canadienne d’urgence (PCU).

« On a perdu quelques employés, qui trouvaient probablement plus payant d’être sur la PCU. On en cherche au moins cinq, des journaliers, magasiniers, soudeurs-assembleurs », confie-t-il. 

Le patron de l’entreprise, qui paye ses soudeurs-assembleurs jusqu’à 30 dollars l’heure comme salaire de départ pour rester compétitif dans un marché de surenchère, a besoin de bras pour faire rouler l’usine.

Pour l’instant, son carnet de commandes est bien rempli, ses clients font appel à lui plus que jamais, la COVID-19 lui amène même de nouveaux contrats, mais il a peur que les choses changent dans six mois. 

« Ça va finir par nous rattraper. Ça s’en vient. Le coup est arrivé, mais c’est le contrecoup que l’on craint », dit-il pour conclure.