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Ce couple a terrorisé ses huit enfants pendant 25 ans

Le pasteur et sa femme ont avoué leurs sévices, hier, au palais de justice de Longueuil

Palais de Justice de Longueuil
Photo Chantal Poirier Le pasteur Mario Monette et sa femme, Carole Van Houtte, étaient main dans la main, hier, au palais de justice de Longueuil.

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Un pasteur de la Rive-Sud et sa femme, qui encourageaient leurs fidèles à infliger des châtiments aux enfants, ont reconnu hier avoir exercé divers sévices sur leurs huit enfants, filles et garçons, pendant près d’un quart de siècle.

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Mario Monette et Carole Van Houtte devaient subir leur procès hier, au palais de justice de Longueuil.   

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Ils ont plutôt coupé court aux procédures en plaidant coupable à des accusations de voies de fait armées sur leur progéniture, de séquestration et de menaces de mort ou de causer des lésions sous le prétexte qu’il s’agissait d’une méthode éducative.   

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La fille aînée du couple a témoigné pour rendre compte du climat de terreur qui régnait dans la maison, du contrôle exercé par son père et de tous les épisodes de cruauté dont elle a été victime ou témoin, des coups de ceinture ou de tige de bois que ses frères, ses sœurs et elle-même recevaient sur les fesses. 

«C’était un bruit familier, d’entendre le bâton sur les fesses. Tu deviens habituée, tu l’entends tous les jours. Ça fait partie de ton quotidien», a relaté Mélanie Monette, aujourd’hui âgée de 47 ans. 

Pour ses deux plus vieux frères, elle dit avoir «vu des gales sur des fesses, des fesses qui saignaient». «J’ai entendu une conversation où ça parlait de taper une fesse à la fois, pour laisser l’autre guérir», soutient-elle.     

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Derrière un paravent

Mélanie Monette a préféré témoigner derrière un paravent pour ne pas affronter le regard sévère de ses parents, qui écoutaient sans émotion leur fille se remémorer de douloureux souvenirs. 

Les corrections physiques ont commencé après qu’ils ont commencé à fréquenter une église baptiste, puisque c’est ce qui y était enseigné.  

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Une fois pasteur, Mario Monette a poursuivi en encourageant ses fidèles à corriger leurs enfants à l’aide d’une verge. 

Chaque désobéissance des enfants pouvait leur valoir des coups. 

«J’ai eu de bonnes volées à la ceinture, a confié Mélanie. C’était humiliant. Pour recevoir la correction, il fallait relever sa jupe, se pencher sur le lit, et ils s’élançaient de toutes leurs forces. C’était minimum 10 coups, des fois 20, 30.»    

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100 coups de ceinture

À une occasion, son père est entré dans une colère noire parce qu’elle lui avait désobéi au sujet d’un garçon avec qui il lui avait interdit d’être en contact, mais avec qui elle a par la suite eu le droit de se marier. Ils sont toujours ensemble, 28 ans plus tard.

«J’ai eu 100 coups; tu suis le compte, parce que t’as hâte que ça finisse. [...] Je sentais la colère, le défoulement, la rage qu’il avait contre moi parce que j’avais osé lui désobéir, soutient-elle. Je sais juste qu’un moment donné, tu ne sens plus la douleur. Je pensais perdre connaissance, j’étais comme sortie de mon corps. Tu te sens comme rien, t’existes plus.»


Le témoignage de Mélanie Monette se poursuit aujourd’hui au palais de justice de Longueuil.

Ce qu’ils ont dit       

«Une offense, c’est 10 coups. Ils en donnaient plus si c’était grave. Ils avertissaient qu’il ne fallait pas se relever par la douleur. Si on bougeait ou on s’enlevait, ils recommençaient le compte à zéro.»

– Mélanie Monette, fille aînée du couple

«J’ai vu des adultes marqués, brisés. Il y avait une dualité [pour dénoncer] car il s’agissait de leurs parents. [...] C’est un homme qui avait une emprise psychologique sur ses enfants et ses fidèles. Les huit enfants ont été déchirés par ces événements-là.»

– Laura Comeau, sergente-détective ­­au dossier

«La correction des enfants avec la verge était prêchée devant les fidèles de l’Église biblique baptiste métropolitaine sud lors des prédications par M. Monette. [...] Plusieurs membres de l’Église ont pratiqué la correction physique envers leurs enfants. [...] Aucun n’a fait l’objet de poursuites judiciaires pour les actes commis.»

– Exposé des faits reconnus par les accusés