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Derrière les masques des «Mutants»

Derrière les masques des «Mutants»
PHOTO COURTOISIE/Télé-Québec

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Contrairement à plusieurs productions américaines, l’équipe de la série jeunesse «Les mutants» n’a pas cru bon avoir recours à des ordinateurs et aux images de synthèse pour créer les visages en transformation de ses personnages. Elle s’est plutôt tournée vers des artisans aux mains expérimentées. Le résultat est frappant.  

Bien avant que les caméras roulent et que le plateau de l’émission fantastique de Télé-Québec s’anime, le concepteur des prothèses Stephan Tessier et la chef maquilleuse - aussi responsable des effets spéciaux - Marie-France Guy s’activent avec vigueur, portés par la fougue des jeunes comédiens. Ils ne comptent plus leurs heures ni leurs jours, car ils ont des montres réalistes et dynamiques à créer.

Derrière les masques des «Mutants»
PHOTO COURTOISIE/Télé-Québec

Des défis

Fort de ses 35 années d’expérience dans les coulisses télé et cinéma (les «Bye Bye», la franchise «X-Men»), Stephan Tessier se devait, pour la première saison, d’imaginer à quoi allait ressembler les mutants avant de développer une mutation en lien avec les animaux. «Je regarde beaucoup l’ergologie, les livres d’animaux de toutes sortes et les couleurs pour essayer de me donner des idées», dit-il.

Maniant son art avec doigté, il lui a tout de même fallu composer avec un facteur sans pitié: le temps. Certains éléments, comme une main et une partie d’avant-bras métamorphosés, sont complétés après des semaines de travail.

Pour Marie-France Guy (les séries «Le loup-garou du campus», «Trauma»), qui parfait ses techniques depuis plus de trois décennies et qui a notamment la tâche de maquiller Jade Brind’Amour alias Nick, les gestes s’enchaînent aussi à un rythme soutenu. Elle doit poser et colorier les prothèses à l’aide de couleurs à base de colle, de gras et de poudres brillantes.

«Le plus grand défi est de refaire le maquillage le plus identique possible à chaque jour. Je dois colorer et poser de nouvelles prothèses chaque jour de tournage avec Nicky. Ce n’est pas comme un tatouage, que tu enlèves, tu nettoies et tu peux en mettre un pareil le lendemain. Les prothèses sont à coller chaque fois à la même place; ça prend donc des repères visuels pour que ce soit identique. Pour la coloration, c’est la même chose.»

Derrière les masques des «Mutants»
PHOTO COURTOISIE/Télé-Québec

Amie ou ennemie, la technologie?

Malgré l’arrivée fracassante des images de synthèse et le développement incessant de la technologie en fiction, Stephan Tessier et Marie-France Guy ne craignent aujourd’hui plus les effets produits par ordinateur.

«Quand c’est arrivé, ç’a tout bouffé côté créatures et costumes, reconnaît le premier. Mais tranquillement, ça revient. Je n’ai rien contre l’ordinateur et les images de synthèse. C’est un outil. Si c’est bien jumelé à ce que je fais, les effets “live”, ça peut être génial. Il y a des réalisateurs qui savent travailler avec ça de plus en plus, comme Guillermo del Toro.»

«Ç’a nui, mais plus ça va, plus ça paraît quand il n’y a pas d’humain derrière. Quand c’est juste fait par ordinateur, par la technologie, il manque le squelette, l’âme de l’effet. Si le zombie a été tout dessiné, on le voit et ça sonne faux. Il faut au moins qu’il y ait une base physique...»

La première saison des «Mutants» est diffusée à 15 h 30 et 18 h 30, du lundi au vendredi, à Télé-Québec. Il est possible de rattraper tous les épisodes à l’adresse https://squat.telequebec.tv/les-mutants/episodes.