/investigations/police
Navigation

L’ex-no 2 de l’UPAC n’avait plus la confiance du ministre

Marcel Forget
Photo d'archives Marcel Forget

Coup d'oeil sur cet article

L’ancien ministre de la Sécurité publique Martin Coiteux n’avait plus confiance dans l’ex-numéro 2 de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) Marcel Forget et a réclamé son départ le 30 novembre 2017.  

• À lire aussi: L’ex-patron de l’UPAC forcé de sortir de son mutisme

• À lire aussi: Robert Lafrenière s’expliquera pour la première fois

«Il y avait des allégations sérieuses, des faits graves. Il ne les niait pas», a commenté Martin Coiteux. L’ancien ministre a fait référence à une série de reportages publiés par notre Bureau d’enquête durant le mois de novembre au sujet du rôle de Forget dans la vente d’actions d’une entreprise, Newtech, alors qu’il n’avait pas de permis de courtier. 

Martin Coiteux était le deuxième témoin appelé à la barre au procès de Marcel Forget, ancien commissaire adjoint à l’UPAC, au Palais de justice de Montréal. Robert Lafrenière, l’ancien grand patron de l’UPAC, avait témoigné la veille. 

Forget poursuit le gouvernement du Québec pour deux millions de dollars pour ce qu’il estime être un congédiement illégal. Il estime avoir été forcé de démissionner en novembre 2017. 

Martin Coiteux a qualifié les faits rapportés à l’époque par notre Bureau d’enquête au sujet de Marcel Forget «d’extrêmement préoccupants». 

«Je ne pouvais pas le défendre», a-t-il dit. Martin Coiteux dit avoir invité à réfléchir Marcel Forget le matin du 30 novembre à la suite d’un nouveau reportage à son sujet. L’ex-ministre devait rencontrer les médias plus tard dans la journée ce jour-là. Il a dit avoir été informé verbalement peu de temps avant cette rencontre avec les médias de la démission du numéro 2 de l’UPAC. 

«Ce que j’en comprends, c’est qu’il niait l’interprétation [des faits rapportés dans les médias], pas la pertinence», a-t-il dit. 

«Pour moi, il ne pouvait pas rester en poste», a réitéré l’ancien ministre de la Sécurité publique Martin Coiteux à plusieurs reprises. 

Démission ou destitution

«C’était ça [la démission], ou sinon j’aurais saisi le Conseil des ministres pour qu’on prépare un projet de destitution», a-t-il précisé. 

Des reportages publiés à l’automne 2017 dans Le Journal de Montréal montraient que Forget avait servi d’intermédiaire pour la vente d’actions de l’entreprise Newtech, alors qu’il ne possédait pas de permis de courtier, dans les années 1990 et 2000. Au moment des faits, M. Forget était officier à la Sûreté du Québec (SQ). 

Les reportages évoquaient aussi un projet récent de Marcel Forget d'investissement dans des condos commerciaux. Ils rapportaient aussi qu’il avait déjà été en relation avec un courtier condamné pour avoir vendu illégalement des actions.