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Ron Fournier: chef de chœur!

Ron Fournier
Photo courtoisie, 98,5

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D’abord, salut ! Très heureux de vous retrouver dans ces pages. Souhaitons-nous un soupçon de normalité cette année. Parlant de normalité, mettons qu’on n’est pas servis. Ron Fournier annonce sa retraite, une manchette improbable.

À la blague lors de quelques-unes de nos conversations, j’ai souvent communiqué à Ron combien pour moi il était intemporel, éternel. « Toi, Ron, tu vas pousser ton dernier souffle un beau matin à 107 ans, tu vas présider à tes obsèques en après-midi, pis tu vas animer l’émission hommage à Ron Fournier en soirée... » 

Mais Ron s’en va. Terminé. Même pas le temps pour un dernier appel... 

Janvier 2006. La défunte CKAC prépare sa mutation en version 100 % sports. Sport Académie est lancée, les dirigeants cherchent de nouvelles voix. Après hésitation, je me lance. Coin Peel et Sainte-Catherine, dans le mythique studio Jacques Proulx, la joute oratoire s’embrase. Ça pue. Pas la joute, le studio. Une répugnante odeur de cigarettes consumées a incrusté les panneaux d’insonorisation. De nombreuses brûlures jaunâtres maculent le pupitre de l’animateur. Merci, Jacques Fabi...

Précieux conseils 

L’expérience au microphone est toutefois couronnée de succès. Un modeste triomphe pour le microcosme sportif montréalais, mais un tournant important pour l’écorché vif que j’étais. 

À Sport Académie, tout a coulé de source. Grâce à Ron, je me suis tout de suite senti bien. Il s’est montré intéressé, généreux en temps et en conseils, bien qu’affairé à préparer ses tribunes de soirée. 

La préparation. Une des grandes leçons que m’a apprises Ron. Le talent ne suffit pas, il faut beaucoup de travail AVANT d’entrer en ondes. Il faut des contacts aussi. Ron m’a remué à quelques reprises : « T’es qui, toé, pour affirmer une affaire de même en ondes ? » « Tu parles à qui, toé, dans vie ? » Toujours face à face dans son bureau, la porte fermée, Ron trouvait une façon de me rendre meilleur. 

Puis, quelques jours après une séance de remise des yeux en avant des trous, il arrivait avec un cadeau ou des compliments suite à une intervention à l’antenne. 

Je sais que je ne suis pas un cas unique, que Ron agissait de la même façon avec plusieurs jeunes collègues, aujourd’hui jeunes vétérans. Occuper l’espace peut être lourd dans ce métier. Les jars de corridors existent. Ron n’en était pas un. Solide comme le roc de Gibraltar, honnête dans sa démarche, Ron avait d’abord à cœur le succès de l’antenne. Il savait comment nous faire « scorer », en ouvrant ses bras et son cœur, en chef de chœur. Ron, grâce à toi, aujourd’hui je parle à beaucoup de monde « dans vie », et je limite ma marge d’erreur. Profite bien, mon ami, du son de la chorale de tous tes héritiers qui, modestement, sur tes traces tentent de meubler l’espace.