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Des bâtons brisés sous la force des corrections

Palais de Justice de Longueuil
Photo Chantal Poirier Mario Monette et son épouse Carole Van Houtte, au palais de justice de Longueuil.

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Des bâtons en bois ont déjà été brisés en raison de l’intensité des coups donnés par un pasteur et son épouse de la Rive-Sud, qui prétendaient corriger leurs enfants. 

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« C’est arrivé souvent que le bâton brise, dans mon cas, au moins une ou deux fois, a soutenu Paul-Émile Monette. Je peux vous dire qu’il ne manquait pas de force là-dedans. C’était minimum 10 coups et c’était donné avec vigueur. »

L’homme de 33 ans témoignait mercredi dans le cadre des représentations sur sentence de ses parents, Mario Monette et Carole Van Houtte.

Lundi, le couple a plaidé coupable à des accusations de voies de fait armées sur ses huit enfants, de séquestration et de menaces de mort ou de causer des lésions sous prétexte qu’il s’agissait d’une méthode éducative. 

Un autre des enfants, Micaël Monette, a affirmé devant le tribunal qu’un bâton de bois s’était cassé lors d’une correction donnée par sa mère. Au lieu d’y mettre fin, elle a utilisé une tige en plastique servant à contrôler des stores. 

« Ça donne une idée de la force utilisée, soutient l’homme de 39 ans. La tige de plastique, ç’a été une des pires. Ça fouette, ça lacère. C’est une douleur aiguë. »

À une autre occasion, Carole Van Houtte a laissé son mari le corriger, lui disant qu’elle n’avait « pas le bras assez fort ».

« C’est comme dire “mon but, c’est de te faire mal, pis je serai pas capable de le faire” », a laissé tomber Micaël Monette.

Battus à tour de rôle

Le bris d’une simple friteuse a valu à cinq des enfants du couple d’être corrigés à tour de rôle par leur mère jusqu’à tant qu’un coupable se manifeste. 

« On attendait dans la dînette. Il y a eu au moins deux, trois rondes où on recevait des coups », a relaté Paul-Émile Monette.

À un moment, un de ses frères lui a suggéré de se dénoncer pour que le supplice arrête, même si ce n’était pas le cas.

« Ma mère était assez fâchée. [Comme punition], elle m’a donné la totalité de ce que les autres ont eu. Ç’a dépassé le 70 à 80 coups », dit-il. 

« C’était déchirant, tu te sens impuissant en voyant ça », a avoué de son côté Micaël.