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J.K. Rowling n’est pas morte

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En 2020, quand tu n’es pas d’accord avec les opinions de certains individus, quand ils émettent des opinions qui te dérangent, tu n’as qu’à les tuer. 

Oh, tu ne les tues pas vraiment avec un fusil ou un couteau ! Tu les assassines médiatiquement, tu les effaces, tu les fais disparaître de l’espace public. 

Vous pensez que j’exagère ? Parlez-en à J.K. Rowling, l’auteure de Harry Potter. Hier, sur Twitter, le mot-clic #RIPJKRowling a tellement circulé que plein de fans pensaient qu’elle était morte. 

Or ce n’était qu’une formule inventée par les gens qui détestent Rowling, qu’ils accusent (encore) faussement d’être transphobe. 

Vous imaginez la violence que cela représente, pour quelqu’un, de voir des milliers de gens évoquer votre mort en souriant ?

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DU GRAND N’IMPORTE QUOI

Cette histoire me jette par terre. J.K. Rowling sort un nouveau livre, dans lequel un personnage de tueur en série est un homme qui s’habille en femme pour commettre ses crimes.

« Haha, elle présente les hommes qui s’habillent en femme comme des tueurs, c’est la preuve qu’elle déteste les personnes transgenres », se sont écriés les ennemis de Rowling.

Mais par quel tour de passe-passe intellectuel en arrive-t-on à traiter de transphobe une auteure de FICTION qui INVENTE un personnage tout droit sorti de son IMAGINATION qui s’habille en femme ? 

Donc, selon cette même logique, Alfred Hitchock était transphobe parce que dans Psycho, il mettait en scène un tueur qui s’habille en femme ? 

S’cusez-moi si je suis perdue, mais les personnes transgenres ne se battent-elles pas justement pour ne pas être associées aux travestis, ne se battent-elles pas pour qu’on ne dise pas d’une femme transgenre : « Ce n’est qu’un homme habillé en femme » ? 

On l’a vu avec les nouvelles règles des Oscars pour la catégorie du meilleur film, il est fortement recommandé en 2020 d’avoir plus de personnages transgenres dans les fictions.

Par contre, si vous êtes un créateur et que vous imaginez un personnage transgenre, il vous est interdit d’en faire un personnage sombre, ou criminel ou vilain, ou faisant preuve du moindre défaut. Vous ne devez créer que des personnages transgenres parfaits, lisses, exemplaires, sinon vous allez vous faire traiter de transphobes. 

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Toute l’hystérie et la campagne de dénigrement qui accompagnent J.K. Rowling ces jours-ci sont terriblement inquiétantes. 

Tenez, pas plus tard que la semaine dernière, à Vancouver, un fan de Rowling qui avait acheté un panneau publicitaire sur lequel il avait inscrit en grosses lettres : « J’aime J.K. Rowling » s’est fait accuser, par une conseillère municipale, de propager la haine... 

L’affiche a été retirée. 

Merde, ça ne vous inquiète pas ? Au Canada, tu ne peux même pas déclarer publiquement ton amour ou ton admiration pour une auteure « controversée » ? Tes propos sont considérés comme des propos haineux ? Vous vous souvenez des slogans dans 1984 de Georges Orwell ? « La guerre, c’est la paix. La liberté, c’est l’esclavage. L’ignorance, c’est la force ». Devrait-on rajouter : « L’amour, c’est la haine » ? 

ÇA FINIT MAL

Cette campagne #RIPJKRowling me fait peur. Des milliers d’internautes qui évoquent la mort d’un auteur qu’ils n’aiment pas. Et c’est sans compter ceux qui appellent à brûler ses livres. On sait tous comment ça finit, les autodafés...