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L’ex-ministre Coiteux mis sur le gril en cour

L’avocat de l’ancien no 2 de l’UPAC l’a bombardé, hier

Palais de Justice de Montréal
Photo Chantal Poirier L’ancien ministre Martin Coiteux a témoigné hier au palais de justice de Montréal.

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L’ancien ministre de la Sécurité publique Martin Coiteux a été soumis, hier, à un laborieux barrage de questions au procès pour congédiement illégal de l’ex-numéro 2 de l’Unité permanente anticorruption.

Visiblement agacé à plus d’une reprise, l’ancien ministre a répété maintes fois au procureur de Marcel Forget, Me Daniel Rochefort, pourquoi il estimait que le bras droit de Robert Lafrenière n’avait pas le choix de quitter ses fonctions à la fin 2017.

Martin Coiteux a expliqué que, le matin du 30 novembre, à la suite d’une série d’articles sur Marcel Forget, il a invité celui-ci à réfléchir à son avenir.

À cette époque, l’Unité permanente anticorruption (UPAC) était déjà sur la sellette en raison de l’arrestation spectaculaire du député libéral Guy Ouellette, à la fin octobre.

« Pour moi, il ne pouvait pas rester en poste », a réitéré Martin Coiteux à plusieurs reprises. « C’était ça [la démission du numéro 2], ou sinon j’aurais saisi le Conseil des ministres pour qu’on prépare un projet de destitution », a-t-il précisé.

Un article publié le 30 novembre a été la goutte qui a fait déborder le vase, selon l’ex-ministre, qui a dit juger « extrêmement préoccupants » les faits rapportés dans les médias sur Forget à cette époque.

Pas de regrets

Il était question selon lui non seulement de vente d’actions sans permis de courtier, mais aussi d’un projet d’achat de condos-hôtels et de relations avec un courtier condamné dans le passé.

« Je referais la même chose si j’étais devant les mêmes faits aujourd’hui », a-t-il affirmé.

L’avocate du gouvernement du Québec, Me France Bonsaint, et celui de Martin Coiteux, Me Louis-Martin O’Neill, ont multiplié les objections aux questions répétées de l’avocat de Marcel Forget.

Me Daniel Rochefort a déploré plusieurs fois que Martin Coiteux ne répondait pas à ses questions, selon lui. Il estime que son client a été forcé de démissionner pour des raisons politiques et qu’il n’avait rien à se reprocher.


Le témoignage de Martin Coiteux a été interrompu en mi-journée et doit se poursuivre jeudi, en raison de sa durée plus longue que prévu.