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Un complot dénoncé

La LNH et les ligues juniors sont visées par une demande d’action collective

hockey remparts
Photo Simon Clark Il s’agit de la troisième demande d’action collective intentée contre la Ligue canadienne et ses ligues juniors depuis 2014.

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Une demande d’action collective de 825 millions $ allègue que la Ligue nationale de hockey et ses ligues affiliées ainsi que les trois circuits juniors majeurs au pays (LHJMQ, OHL, WHL) ont comploté en empêchant une tonne de jeunes joueurs de poursuivre leur rêve d’évoluer chez les professionnels en raison d’ententes abusives contraignantes. 

La requête déposée en Cour fédérale par l’ancien joueur de la Ligue de l’Ouest, Kobe Mohr, stipule que les défendeurs ont participé à « un complot, un arrangement ou un accord illégal qui limite de façon déraisonnable les occasions des hockeyeurs de 18 à 20 ans qui désirent pratiquer leur sport dans une ligue professionnelle ». Les demandeurs s’appuient sur l’article 48 de la Loi canadienne sur la concurrence pour obtenir gain de cause. 

Les plaignants veulent s’attaquer au stratagème qui empêche un joueur détenant un contrat avec une équipe junior d’atteindre les rangs professionnels mineurs avant l’âge de 20 ans en raison de l’entente en vigueur entre la LNH et la Ligue canadienne.

Cela exclut les joueurs repêchés qui peuvent faire le saut dans la LNH dès l’âge de 18 ans, mais selon le document, des milliers de joueurs ont été brimés au cours des 10 dernières années. 

Aucune consultation 

La poursuite mentionne aussi les frais « abusifs » de 150 000 $ à 500 000 $ imposés aux joueurs qui voudraient briser leur contrat junior pour passer chez les pros avant l’âge permis. 

« L’interdiction de jouer dans la LAH et dans la ECHL avant l’âge de 20 ans s’applique seulement aux joueurs canadiens et c’est assez problématique. Ce n’est pas le cas pour les Européens, par exemple. Des centaines de joueurs ont vu leurs droits et leurs intérêts bafoués. Les joueurs sont prisonniers de la Ligue canadienne », a avancé l’avocat dans le dossier, Félix-Antoine Michaud, prêt à une longue bataille judiciaire. 

L’avocat du cabinet Trivium s’explique d’ailleurs mal que les jeunes de 16 à 20 ans évoluant dans les rangs juniors ne soient pas défendus par une association auprès des bonzes du hockey nord-américain. « La Ligue canadienne signe une entente qui concerne directement les joueurs sans les consulter avec un processus formel de consultations », a-t-il noté.  

Un juge devra déterminer si la demande d’action collective remplit les critères nécessaires pour être traitée devant les tribunaux. Une fois cette étape franchie, les demandeurs et les défendeurs seront entendus. 

Éléments à considérer 

« La loi sur la concurrence permet des recours civils fondés sur cette cause, mais il faut démontrer que le comportement [allégué] est survenu. Il faut démontrer que la LNH, la LAH et la ECHL se sont arrangées ensemble pour bloquer l’avancement des joueurs. Le fait que des joueurs ont eu des parcours difficiles et n’ont pas eu l’avancement souhaité ne veut pas dire qu’il y a eu complot », nuance en entrevue au Journal Me Vincent de l’Étoile, de Langlois Avocats.   

Un agent qui a accepté de parler sous le couvert de l’anonymat estime que peu de joueurs sont réellement outillés pour faire du hockey leur gagne-pain avant l’âge de 20 ans.

« La réalité, c’est que la grande majorité des gars de 19 ans ne sont pas prêts à vivre en appartement et à être laissés seuls. C’est la réalité de la LAH et de la ECHL. Le junior donne cet équilibre familial et est le véhicule qui te prépare pour le hockey professionnel.  

« La Ligue canadienne est-elle parfaite ? Non, mais ces joueurs ne sont pas prêts à aller jouer contre des hommes à 19 ans. Il peut y avoir des arguments, mais d’alléguer qu’il y a une conspiration, c’est être de mauvaise foi », a-t-il lâché.