/sports/football
Navigation

Une règle qui sème des doutes

Le niveau d’alerte COVID dictera si les compétitions sportives seront permises

loups bol d'or5
Photo d’archives En date de mercredi, 237 écoles au Québec comptaient au moins un cas de COVID-19.

Coup d'oeil sur cet article

L’annonce des ministres Jean-François Roberge et Isabelle Charest, vendredi dernier, concernant le retour du sport scolaire était-elle une mesure pour apaiser la grogne du milieu étudiant ?

Des intervenants du milieu scolaire se questionnent sur les chances réelles que le sport soit de retour compte tenu de l’envoi d’une directive du ministère de l’Éducation datée du 11 septembre qui stipule ceci : 

« Tant que le niveau d’alerte est vert ou jaune, les compétitions sont permises. On doit toutefois éviter de participer à un événement regroupant des élèves d’autres écoles si des cas de COVID ont été détectés dans l’école, peu importe le niveau d’alerte de la région où elle est située. »

Mercredi à 16 h, selon les données du gouvernement, on comptait 237 écoles au Québec qui comptaient au moins un cas positif. 

« Si on doit annuler dès qu’un cas est connu dans notre école, ça devient presque impossible de faire du sport, a résumé le responsable des sports à l’Académie Saint-Louis Daniel Fleury. On ne veut pas mettre en danger la sécurité des étudiants, mais c’est exagéré de tout arrêter pour un seul cas. Avec un seul cas, 850 athlètes et 70 équipes se retrouveraient sans jouer sans compter nos adversaires. »

Plusieurs écoles affectées

Dans la directive, le ministère de l’Éducation parle d’un cas pour l’ensemble de l’école et non pas d’un cas dans une bulle sportive. « La mise sur pied des bulles a justement pour but de tracer les jeunes qui ont été en contact avec un cas positif, a expliqué Fleury. Dans la région de Québec, on parle d’une trentaine d’écoles dont les activités sportives devraient être arrêtées pendant 14 jours. Tout va tomber à l’eau. »

Yanick Normandin abonde dans le même sens. 

« Si la règle demeure, il n’y aura pas de saison, déplore le responsable du programme de football à l’école secondaire La Courvilloise qui a dû annuler trois parties présaison en fin de semaine dernière. Il faudra s’appeler la veille et disputer des parties aléatoires. On veut le bien des jeunes et on comprend qu’on devra annuler une partie si un cas se déclare dans une équipe la veille d’une rencontre. Je serais d’accord avec la directive si on changeait le mot “école” pour le mot “équipe”. Si cette règle était déjà écrite vendredi, ça ressemblerait à un scénario permettant d’acheter la paix pour la fin de semaine. Nous sommes en train de “scrapper” nos jeunes. J’aimerais que le ministre Roberge passe une journée dans une école sans caméra pour réaliser l’importance du sport et du culturel pour les jeunes. »

Manque de communication

Encore une fois, les intervenants mettent en lumière l’incohérence entre les directives pour le sport scolaire et le sport associatif (civil). 

« Je ne veux rien enlever au civil, mais je veux juste danser sur la même musique, a imagé Fleury. Un jeune du scolaire qui ne peut pas jouer à l’école pourrait aller contaminer ses coéquipiers au hockey civil s’il a été en contact avec un élève positif. »

Gustave Roel déplore lui aussi l’incohérence du ministère de l’Éducation. « Si tu ne contrôles pas le sport associatif, le plan ne tient pas la route, résume le PDG du RSEQ. 

C’est comme si tu fermes un drain d’un bain et que tu laisses couler l’autre. Tu contrôles d’un côté et ça fuit de l’autre. Les jeunes de 16 ans et moins sont tous scolarisés et ils devraient tous avoir les mêmes règles. »