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Camping rue Notre-Dame...

Camping rue Notre-Dame...
Photo d'archives, LOUIS-PHILIPPE MESSIER

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Pendant qu’on «cyclise», qu’on «piétonnise», qu’on ferme, qu’on interdit, bref, tandis qu’on s’applique à rendre les abords de Montréal pratiquement impossibles... Il y a des gens qui eux, sont à la rue...

Le problème de l’itinérance persiste et demeure le symbole de l’échec cuisant de nos sociétés dites modernes et progressistes.

Se greffe maintenant à cette misère humaine celle des gens qui n’ont pas trouvé de logis depuis le mois de juillet dernier.

Cet été, plusieurs de ces sans-logis ont installé leur campement de fortune le long de la rue Notre-Dame.

S’il n’y passait pas un flot de circulation automobile dans les deux sens avec d’énormes camions de transport de marchandises, ce serait presque champêtre.

De la route, on aperçoit les tentes sur le terrain gazonné: parasols, BBQ, chaises, tables et couvertures. Les campeurs se sont groupés et ça sent l’entraide et le système D.

Pour un peu, ça aurait des airs de vacances. En période de canicule, on devait cuire sous la toile de la tente. Heureusement, notre été fut plutôt clément côté intempéries et les nuits ont dû être douces sous la tente.

Depuis quelques jours, on ne peut plus en dire autant et on doit commencer à se geler.

À croire que les autorités attendent que le froid ait raison des endurcis et qu’ils finissent par lever le camp. Le problème se réglerait comme par enchantement.

Sinon, qu’est-ce que la Ville compte faire? Qu’est-ce qu’on propose comme solution?

Des abris temporaires?

Depuis des lustres que tous les candidats aux élections de tous les paliers de gouvernement confondus se gargarisent avec la promesse de construction de logements sociaux.

Bizarre, au fil des ans, l’horizon se bouche de tours à condos. On voit pousser quantité d’îlots résidentiels. On assiste à d’importantes spéculations immobilières dans les arrondissements à la mode. On magouille, on transforme, on ajoute des étages sur les duplex, des terrasses luxueuses sur les toits.

Les rues des anciens quartiers ouvriers sont bordées de ces petits châteaux de nouveaux riches qui se la jouent écolo sur leurs vélos en titane.

Le revers de la médaille est plus terne. Des gens quittent, parce qu’ils n’ont plus les moyens d’y payer les loyers en constante augmentation, encore moins le prix exorbitant des maisons. D’autres perdent tout et se retrouvent à la rue, ou sous la tente...

Dites donc, c’est pour quand ces fameux logements promis aux familles à faible revenu?

C’est pour des amis... Il semble que ça presse davantage qu’une autoroute pour vélos...